Pneumatique - Le site
lundi, 15 février 2021 15:41

Bridgestone/Béthune : le PSE est signé

Cinq mois après l'annonce de la fermeture de l'usine nordiste, la direction de Bridgestone France et les organisations syndicales du site ont validé les mesures sociales d’accompagnement prévues au titre du plan de sauvegarde de l'emploi.

 

Un pas de plus vers la fermeture de l'usine Bridgestone de Béthune. La direction tricolore du manufacturier et les organisations syndicales du site nordiste ont signé, vendredi 12 février 2021, le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) prévoyant l'accompagnement des salariés, alors qu'aucun projet de reprise totale du site ne semble émerger. Un accord unanime a été trouvé sur les mesures sociales d'accompagnement des 863 employés de l'unique usine française du géant japonais du pneumatique, implantée depuis 60 ans dans cette ville de l'ancien bassin minier.

"Ce n'est pas une joie parce que l'usine ferme, parce qu'il n'y a pas de repreneur, mais on a obtenu des niveaux d'indemnisation comme on n'en a jamais vus", s'est félicité auprès de l'AFP l'avocat de l'intersyndicale, Me Stéphane Ducrocq. Des budgets de formation pouvant aller jusqu'à 20 000 euros par salarié "permettent d'espérer que chaque salarié qui aura besoin d'une formation pourra la faire" a-t-il ajouté, rendant hommage aux syndicats qui ont "bossé comme des dingues", au cours de 32 journées pleines de négociations, pour obtenir "la réparation la plus importante possible".

Le plan doit être validé par la Direccte

Après une dernière réunion du Conseil économique et social (CSE) le 26 février, le plan sera transmis pour homologation à la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi). Mi-septembre, l'annonce brutale de la fermeture du site avait assommé les salariés et suscité un branle-bas de combat politique, dans une région déjà éprouvée par la fermeture de deux autres sites de fabrication de pneus : Continental dans l'Oise (683 salariés en 2010) et Goodyear à Amiens-Nord (1 143 salariés en 2014).

Projetant la "cessation totale d'activité" à l'horizon du "deuxième trimestre 2021", Bridgestone avait invoqué des "problèmes de marché structurels", une surcapacité de production en Europe et la concurrence des marques asiatiques à bas coûts. Le gouvernement était rapidement monté au créneau, dénonçant une "trahison de confiance" et une décision "incompréhensible sur le fond", puis accusant le groupe nippon d'avoir "désinvesti" de l'usine de Béthune "en faveur de ses autres sites européens, entraînant mécaniquement un déficit de compétitivité". Le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, avait lui dénoncé un "assassinat prémédité".

 

"Ce n'est pas une joie parce que l'usine ferme mais on a obtenu des niveaux d'indemnisation comme on n'en a jamais vus"

 

Le gouvernement avait rapidement proposé un scénario alternatif, promettant la sauvegarde d'environ 500 emplois, grâce à une restructuration et un investissement de 100 millions d'euros. Mais le 12 novembre, la direction de Bridgestone avait douché tout espoir, confirmant son intention de quitter le site. Les négociations sur le PSE avaient alors débuté dans un climat de défiance, l'intersyndicale réclamant des garanties et reprochant à Bridgestone de "faire traîner" les discussions.

Les discussions s'étaient débloquées mi-décembre, avec l'adoption d'une série de mesures d'accompagnement. Ces mesures comprennent un dispositif de pré-retraite avec prise en charge d'une durée de sept ans et allocation de 75 % du salaire brut ainsi qu'un congé de reclassement de 21 à 24 mois, selon la situation des salariés, décrit alors par Me Ducrocq comme étant "à la hauteur du préjudice subi".

La reprise du site est "peu probable"

Le 21 janvier, les parties ont signé un deuxième accord, "améliorant significativement" les indemnités de départ initialement prévues dans le PSE, selon la direction, pour qui ce plan figure désormais "parmi les plans les plus ambitieux proposés dans la profession dans des situations de ce type". Me Ducrocq avait salué "une vraie réussite" et un résultat "sans comparaison possible avec ce que l'on voit habituellement". Le PSE comprend d'autres mesures d'aides au reclassement interne et externe, des aides à la mobilité géographique, à la formation et à la création d'entreprise.

La semaine dernière, la direction a annoncé que si la reprise totale de l'usine de Béthune était "peu probable", plusieurs sociétés avaient manifesté leur intérêt pour la création d'un "parc industriel multi-activités". "Cette solution, qui conjuguerait l'installation de plusieurs projets notamment dans le reconditionnement de pneumatiques et dans le recyclage, pourrait représenter un potentiel de 335 à 485 emplois", selon les dirigeants. (Avec AFP)

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La direction du fabricant de pneumatiques a jugé "peu probable" la reprise totale de son site nordiste bien que plusieurs entreprises ont manifesté leur intérêt. A l'heure actuelle, un projet de parc industriel multi-activités semble envisagé avec un potentiel de 335 à 485 emplois.

 

Alors que les discussions entre la direction et l'intersyndicale, quant au PSE, devraient aboutir cette semaine, Bridgestone France a fait un point sur l'avenir de son site de Béthune, voué à la fermeture. La reprise totale de l'usine apparaît "peu probable", mais plusieurs sociétés ont manifesté leur intérêt pour la création d'un "parc industriel multi-activités", représentant "un potentiel de 335 à 485 emplois", a annoncé mardi 9 février 2021 la direction.

"Depuis septembre 2020, avec le support du cabinet BPI, Bridgestone a contacté 722 entreprises, dont 140 dans le secteur du pneumatique. Cette mobilisation a permis d'identifier à ce jour 25 opportunités dont plusieurs projets bien avancés qui font l'objet de discussions actives", indique dans un communiqué la direction européenne du géant japonais du pneumatique. "Si, après des échanges approfondis avec plusieurs producteurs de pneumatiques, il apparaît que la reprise du site de Béthune par l'un d'entre eux est peu probable, la piste la plus avancée est celle de l'installation sur le site d'un parc industriel multi-activités", poursuit-elle.

Réunion au sommet

Concernant la réindustrialisation du territoire, "plusieurs projets sont en phase d'étude dont le plus important, l'installation d'une unité de production dans une filière stratégique, pourrait concerner 200 à 350 emplois", ajoute Bridgestone, sans plus de détails. "Même si rien n'est encore acquis, plusieurs pistes ont un potentiel et pourraient offrir des solutions concrètes aux salariés de Béthune", résume dans ce communiqué Daniel Giroud, directeur commercial et membre du comité exécutif de Bridgestone EMIA (Europe, Moyen Orient, Inde et Afrique).

Une réunion en visioconférence était prévue ce lundi 15 février après-midi entre la direction, la ministre de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher, le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand et le président de la communauté d'agglomération de Béthune Olivier Gacquerre pour évoquer ces différents projets. (Avec AFP)

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Les négociations entre la direction de Bridgestone France et les syndicats de l'usine nordiste ont abouti à un accord assurant aux employés des indemnités de départ réévaluées. A titre d'exemple, un salarié revendiquant un an d'ancienneté pourra percevoir 49 000 euros.

 

Un mois après avoir trouvé un premier accord quant à l'adoption d'un ensemble de mesures d'accompagnement des salariés, Bridgestone France et les organisations syndicales de l'usine de Béthune se sont entendus sur un nouvel accord "améliorant significativement" les indemnités de départ initialement prévues dans le PSE. Une annonce qui va dans le sens des demandes faites en fin d'année par plusieurs représentants politiques, Xavier Bertrand en tête, exhortant le manufacturier à revoir à la hausse son enveloppe allouée au financement du plan social du site nordiste.   

"Cet accord, qui améliore significativement le niveau d'indemnisation prévu initialement dans le Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) prévoit, en plus de l'indemnité légale, une indemnité supra-légale composée d'un montant forfaitaire et d'une majoration par année d'ancienneté", détaille la direction dans un communiqué. "Ces mesures positionnent le PSE de Bridgestone parmi les plans les plus ambitieux proposés dans la profession dans des situations de ce type", assure-t-elle.

"Une vraie réussite" pour l'avocat des salariés

Avocat du CSE, Stéphane Ducrocq s'est dit "très satisfait" de cette annonce. Selon lui, le nouvel accord prévoit "une indemnité supra-légale à minima de 46 500 euros, plus 2 500 euros par année d'ancienneté". "Quelqu'un qui a un an d'ancienneté partira par exemple avec 49 000 euros. Si on fait le calcul sur dix ans ou vingt ans, on atteint des sommes très importantes", s'est-il réjoui auprès de l'AFP. "C'est une vraie réussite", le résultat "est sans comparaison possible avec ce que l'on voit habituellement" a-t-il estimé. Le tout sans que l'usine ne "s'enflamme, sans un pneu cramé".

Dans les prochains jours, "les discussions vont se poursuivre sur les derniers sujets restant à traiter (...) La procédure de consultation doit s'achever le 26 février 2021", l'accord devant ensuite être validé par la Direccte, précise la direction. "Il reste encore tout le fond des mesures du plan à discuter (...) : formation, création d'entreprise, mesures de mobilité géographique, par exemple", a précisé Me Ducrocq. Annoncée en septembre 2020, la fermeture de l'usine sera effective vraisemblablement d'ici la fin du premier semestre 2021. (Avec AFP)

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Le manufacturier nippon et l'intersyndicale du groupe ont adopté un ensemble de mesures d'accompagnement des salariés nordistes alors que leur usine est vouée à fermer dans le courant du premier semestre 2021.

 

Après de longues semaines de tensions, le dossier de la fermeture de l'usine Bridgestone de Béthune a connu une réelle avancée. La direction tricolore du fabricant de pneus s'est ainsi félicitée, vendredi 18 décembre 2020, de s'être entendue avec la majorité des organisations syndicales quant à l'adoption d'un ensemble de mesures sociales d'accompagnement des salariés. L'intersyndicale a fait part de sa satisfaction d'avoir obtenu un congé de reclassement "à la hauteur du préjudice".

"Bridgestone France et la majorité des organisations syndicales représentatives ont entériné ce jour (...) un premier ensemble de mesures sociales d'accompagnement relatives au projet de cessation d'activité du site de Béthune", a annoncé la direction dans un communiqué.

Le projet de 131 salariés déjà validé

Ces mesures comprennent un dispositif de pré-retraite avec prise en charge d'une durée de sept ans et allocation de 75 % du salaire brut ainsi qu'un congé de reclassement de 21 à 24 mois, selon la situation des salariés. Un dispositif de départs anticipés a par ailleurs "permis de valider à ce stade le projet de plus de 131 salariés", sur les 863 du site, "dont 33 ont trouvé un poste en CDI", souligne la direction.

Joint par l'AFP, l'avocat du CSE Me Stéphane Ducrocq s'est dit "très satisfait" des mesures d'accompagnement adoptées. "Les organisations syndicales ont obtenu quasiment ce qu'elles voulaient, un congé de reclassement porté à 24 mois, à la hauteur du préjudice subi par les salariés", a-t-il estimé. Il a salué le "combat âpre, difficile" de l'intersyndicale pour "convaincre la direction que faire un plan dans les normes ne suffirait pas".

Un congé de reclassement de 36 mois initialement réclamé

Le 10 décembre, les responsables syndicaux de l'usine avaient dénoncé la position "honteuse" de la direction dans les négociations liées à la fermeture du site. L'intersyndicale avait revendiqué initialement un congé de reclassement de 36 mois, contre 12 à 15 mois proposés par la direction, selon Me Ducrocq.

Le géant japonais du pneumatique avait annoncé mi-septembre la fermeture courant 2021 du site de Béthune, invoquant un problème de surcapacité de production en Europe, avant de fermer la porte à un scénario alternatif proposé par le gouvernement pour sauver l'usine et y préserver environ 500 emplois. (Avec AFP)

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La direction du manufacturier nippon a fait état, lundi 14 décembre 2020, d'"avancées prometteuses" quant à la recherche de repreneurs pour son usine nordiste. Celle-ci fermera ses portes en milieu d'année prochaine.  

 

Alors que les élus nordistes lui réclament des dédommagements, Bridgestone s'est prévalu d'"avancées prometteuses dans la recherche de solutions industrielles" à la fermeture annoncée de son usine de pneumatiques de Béthune qui emploie 863 personnes, listant neuf projets "en phase d'études approfondies".

Deux manufacturiers se sont positionnés

Sur ces neuf projets, "deux concernent la reprise du site par un fabricant de pneumatiques, cinq l'installation de nouvelles activités sur le site, dans les domaines du pneumatique et du caoutchouc, des batteries et dans d'autres secteurs d'activités" et deux "l'installation d'activités en dehors du site", a indiqué la direction du groupe dans un communiqué.

"En concertation étroite avec les équipes du Gouvernement, Business France, Nord France Invest et les collectivités, Bridgestone s'est engagé à faire progresser l'étude de ces projets et la recherche de solutions pérennes dans les plus brefs délais et, si nécessaire, au-delà de la période prévue par la loi", ajoute le communiqué.

Les négociations continuent au sujet du PSE

"Les projets à l'étude progressent bien et sont prometteurs", a déclaré Daniel Giroud, directeur commercial et membre du comité exécutif de Bridgestone EMIA, en charge du dossier. "Un dialogue est mené sur ces neuf projets avec les interlocuteurs institutionnels, y compris dans le détail sur comment chacun peut les faire avancer", a précisé la direction.

Les négociations se poursuivent par ailleurs sur le PSE, jusqu'au 21 janvier, avec les syndicats, qui ont dénoncé la semaine dernière une "situation de blocage et de déception" sur la question des congés de reclassement. (Avec AFP)

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Jugeant que le manufacturier n'a pas respecté une clause sur l'emploi, la communauté d'agglomération de Béthune-Bruay demande à Bridgestone le remboursement de 1,25 million d'euros d'aides publiques, versées entre 2007 et 2010, pour moderniser l'usine nordiste.

 

Nouvelles tensions dans le dossier de l'usine Bridgestone de Béthune. Dans un vote en conseil communautaire, le mardi 8 décembre 2020, confirmé à l'AFP par l'agglomération, la collectivité a justifié cette demande en évoquant le non-respect par Bridgestone de l'une des clauses sociales ayant conditionné le versement de subventions entre 2007 et 2010 pour moderniser l'usine de Béthune.

Les élus "autorisent" le président de l'agglomération Olivier Gacquerre "à prendre toutes les mesures utiles afin de permettre ce remboursement, notamment par l'émission d'un titre de recettes, ou l'exercice d'une éventuelle action en justice, au nom et pour le compte de l'agglomération", peut-on lire dans le texte de cette délibération.

50 emplois devaient être créés

En 2007, Bridgestone avait lancé un plan d'investissements de 30 millions d'euros pour augmenter les capacités de production l'usine, sollicitant des aides de l'État, de la région et des collectivités locales. La convention signée avec la communauté d'agglomération de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane (CABBALR) prévoyait le versement de 1,5 million d'euros "pour l'investissement et la création d'emplois relatifs au développement de la production de pneus ultra hautes performance."

En contrepartie, Bridgestone s'engageait à créer 50 emplois entre 2007 et 2010 - l'effectif de départ étant de 1 208 CDI - et à les maintenir "durant une période de cinq années suivant la date d'achèvement du programme", soit jusqu'à fin 2015. L'agglomération avait finalement versé 1,25 million d'euros.

Bridgestone a été alerté dès 2016

Mais la clause n'a pas été respectée : en 2015 "on était à moins 91" emplois par rapport à l'effectif de départ, explique à l'AFP le vice-président de l'agglomération Steve Bossart, rapporteur du dossier. Constatant le non-respect de l'engagement, l'agglomération avait alerté Bridgestone dès 2016, sans demander le remboursement. Mais aujourd'hui, la direction "ne joue pas le jeu", déplore Steve Bossart.

"On réclame le remboursement, c'est de l'argent public, on a des comptes à rendre", a expliqué le rapporteur du dossier, la collectivité souhaitant "flécher" cet argent vers du développement économique, car "avec les gens qui vont se retrouver sur le carreau, il va y avoir des besoins". Selon lui, la présence de l'usine à Béthune rapporte chaque année 4,4 millions d'euros de recettes fiscales à l'agglomération, à la ville et au département. (avec AFP)

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Vendredi 27 novembre 2020, plus d'une centaine de salariés du site nordiste de Bridgestone se sont rassemblés pour protester contre l'arrêt de leur outil de travail, prévu pour 2021.

 

L'appel lancé par l'intersyndicale du groupe japonais a été entendu. Vendredi 27 novembre, plus d'une centaine de salariés se sont regroupés devant leur usine de Béthune (Pas-de-Calais) pour se faire entendre alors que leur site est voué à la fermeture mais aussi pour protester contre la tournure des négociations. "La direction essaie de gagner du temps, on ne va pas se laisser faire, elle fait traîner. On met en garde la direction, ça va se durcir. On est prêt à se battre pour qu'il y ait un repreneur et pour le PSE, que les salariés partent dignement", a déclaré Bruno Wable, secrétaire adjoint CGT.

"Il faut que la direction change d'attitude, a pour sa part affirmé le président du conseil régional Xavier Bertrand. Ils ne font toujours pas ce qu'il faut, les négociations ont commencé hier (...) ce n'est pas une surprise, ça ne se passe pas bien". L'avenir des 863 salariés "est sombre, il faut absolument qu'on l'éclaire avec des garanties, des congés de reclassement, des garanties, des primes supralégales. Il faut que tout le poids de l'Etat soit mis pour faire payer Bridgestone", a prôné le député LFI de la Somme, François Ruffin, également venu en soutien.

"La direction a arrêté les négociations"

Une réunion de négociation du PSE s'est tenue jeudi sur les retraites et préretraites sans déboucher sur un accord, selon les syndicats. "La direction a arrêté les négociations", a affirmé Stéphane Ducrocq, avocat de l'Intersyndicale. "Nos dirigeants, c'est de la pure provocation. On veut un accord thème par thème" et "eux veulent tout mélanger", a fait écho Denis Drouet, délégué syndical CFDT. "On sait que l'usine va fermer (...) on veut montrer la force de l'intersyndicale pour peser dans les négociations", a-t-il ajouté.

"Bridgestone, premier sponsor des JO Paris 2024, les 863 salariés n'auront pas oublié", pouvait-on lire sur une banderole tendue sur les grilles de l'usine. Les manifestants ont fait brûler des palettes et planté quelques croix en bois sur la route qui longe le site. Des affiches, traduites en japonais, montraient un enfant interrogeant "Pourquoi ma maman n'arrête pas de pleurer ?".

Au moins deux repreneurs identifiés

Les salariés "sont révoltés" mais "ils n'iront pas à la faute" pour préserver les espoirs de reprise du site, a pour sa part estimé sur BFMTV la ministre chargée de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher. "Notre objectif est de remettre de l'activité sur le site, nous avions proposé à Bridgestone de le faire avec eux, ils ont refusé, nous le ferons sans eux", a-t-elle assuré.

Une première réunion du comité de suivi réunissant Etat et collectivités sur les projets de reprise doit se tenir la semaine prochaine, a précisé Xavier Bertrand à l'AFP. "Il ne s'agit pas non plus de se jeter dans les bras du premier qui passe", a-t-il mis en garde, "le premier critère c'est la solidité du projet, sa viabilité, le nombre d'emplois et le statut des emplois". Parmi les projets sur la table, cinq émanent de producteurs de pneus étrangers, a-t-il ajouté, évoquant l'hypothèse d'"au moins deux repreneurs". (Avec AFP)

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A l'instar de Xavier Bertrand quelques jours plus tôt, la ministre de l'Industrie a jugé qu'il fallait être "exigeant" avec le manufacturier nippon qui souhaite fermer son usine nordiste.

 

Il parait illusoire de croire que ces prises de position feront infléchir le groupe japonais, toujours est-il que la pression de la classe politique sur Bridgestone demeure importante alors que la fermeture de l'usine de Béthune a été confirmée le 13 novembre dernier. La ministre de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, estime ainsi qu'il faut être "exigeant" avec le manufacturier nippon concernant l'avenir du site nordiste, jugeant qu'"aujourd'hui, le compte n'y est pas".

Bridgestone "accélérer la recherche de repreneurs", "améliorer le plan" de départ des 863 salariés, et "aider à la reprise quel que soit le repreneur", a détaillé la ministre devant les sénateurs lors d'une séance de questions au gouvernement. "Nous aurons un observateur dans les négociations à venir (...) Nous travaillons également avec Business France pour contacter nous-même des repreneurs potentiels", a poursuivi Agnès Pannier-Runacher.

"Des années de sous-investissement dans l'usine"

Deux sénatrices du Pas-de-Calais, Cathy Apourceau-Poly (PCF) et Sabine Van Heghe (socialiste), lui ont demandé si l'Etat allait forcer Bridgestone à rembourser les aides publiques touchées pour le site, ou à le céder pour un euro symbolique. Sans répondre directement à ces propositions, la ministre a confirmé que "des années de sous-investissement dans l'usine" expliquaient la situation du site de Béthune. "J'aurais préféré prendre la situation il y a 5 ans, là on aurait pu faire quelque chose comme ça a été le cas à Bari", une usine italienne où Bridgestone est resté et a investi.

Bridgestone avait brutalement annoncé mi-septembre la fermeture de son usine de Béthune. Il a depuis rejeté le scénario proposé par le gouvernement, visant à investir sur ce site pour le transformer en usine de production de pneus de qualité supérieure à ceux de petit calibre manufacturés jusqu'alors. Selon l'intersyndicale, le gouvernement a évoqué jeudi 12 novembre l'intérêt de quatre industriels du pneu (un chinois, un turc et deux indiens) pour une reprise partielle du site. (Avec AFP)

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mercredi, 18 novembre 2020 11:34

Xavier Bertrand met la pression sur Bridgestone

Toujours aussi remonté par la fermeture à venir de l'usine du manufacturier située à Béthune, le président de la région Hauts-de-France exhorte Bridgestone de revoir à la hausse son enveloppe allouée au financement du plan social.

 

Mobilisé sur ce dossier depuis deux mois et l'annonce par Bridgestone de la fermeture imminente du site de fabrication nordiste, Xavier Bertrand ne relâche pas l'étreinte sur le groupe nippon. Alors que celui-ci a réaffirmé vendredi 13 novembre 2020, ses intentions, le président de la région Hauts-de-France l'exhorte à financer au "maximum" le plan social lié à la fermeture de cette usine qui emploie 863 personnes, estimant qu'il n'est "jamais trop tard pour bien faire".

120 millions d'euros… une "plaisanterie" !

"Aujourd'hui, le problème est très simple, en juin prochain il est prévu zéro emploi sur le site. Il est prévu aujourd'hui 120 millions d'euros pour l'ensemble des salariés pour leur permettre de s'en sortir, de rebondir et pour aussi retrouver des emplois sur ce site. C'est un chiffre qui est dérisoire par rapport au préjudice et par rapport à ce que Bridgestone peut faire, a déclaré Xavier Bertrand sur l'antenne de France Bleu Nord. Quand on part, en France, on doit partir en respectant les salariés. On n'est pas aux Etats-Unis. On n'est pas avec des gens qui sont des Kleenex qu'on balance".

Qualifiant de "plaisanterie" ce montant de 120 millions d'euros, le président de l'exécutif régional réclame ainsi"le maximum" à Bridgestone. Car "je veux que Bridgestone paie une partie du salaire de départ et des charges de départ" lorsque"les ex-Bridgestone (...) seront recrutés par un nouvel employeur". Pour lui, dans ce contexte, Michelin est un "exemple" à "suivre". "Quand ils ont fermé des usines, eux, ils ne se sont pas contentés du minimum. Ils ont fait le maximum pour que les salariés puissent retrouver dignement un travail et qu'il puisse y avoir de nouvelles activités".

L'intersyndicale déplore un manque de transparence

Selon l'intersyndicale, le gouvernement, qui avait proposé un projet alternatif, a évoqué jeudi dernier l'intérêt de quatre industriels du pneu (un chinois, un turc et deux indiens) pour une reprise partielle du site. "La direction a une fois de plus fait preuve de mauvaise foi et de manque de transparence envers les élus qui ne cessent de réclamer des explications sur les différents scénarii envisagés concernant la fermeture du site", a affirmé mardi à l'issue d'un CSE l'intersyndicale, dans un tract.

Les représentants syndicaux déplorent que leurs experts ne soient "toujours pas en possession des informations leur permettant d'avancer dans leurs travaux", et se disent prêts à "saisir l'administration du travail pour demander une injonction visant à obtenir les documents réclamés". "Il est évident que la direction tente de gagner du temps pour éviter d'avoir à expliquer clairement l'inexplicable : il n'y a pas de motif à la fermeture du site de Béthune !", insistent-ils. (Avec AFP)

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vendredi, 13 novembre 2020 15:02

Bridgestone lâche définitivement Béthune

Le manufacturier a réaffirmé son intention de fermer son usine nordiste. Le projet alternatif, présenté par le ministère de l'Industrie, a été balayé par la direction nippone. Agnès Pannier-Runacher a promis de ne pas abandonner les salariés.

 

Depuis le 16 septembre 2020, date à laquelle Bridgestone a dévoilé son jeu, le sort réservé à l'usine de Béthune a suscité une réelle indignation mais aussi un vrai élan de solidarité. Des membres du gouvernement s'y sont rendus à plusieurs reprises pour comprendre la situation, échanger avec les 863 salariés menacés de perdre leur emploi et tenté de trouver des solutions. Cet engagement s'est traduit par la présentation d'un plan alternatif à la fermeture du site, dévoilé à la mi-octobre, visant à sauver entre 525 et 555 postes moyennant une redéfinition stratégique et un investissement compris entre 97 et 125 millions d'euros que les pouvoirs publics étaient prêts à soutenir.

"Nous allons nous battre pour que ce site reste industriel"

Quasiment deux mois jour pour jour après son annonce initiale, Bridgestone a réaffirmé son intention de fermer Béthune courant 2021. Le scénario de Bercy a été rejeté par la direction nippone au cours d'une réunion qui s'est tenue le jeudi 12 novembre 2020 au ministère de l'Industrie. "Bridgestone a fermé la porte, Bridgestone quitte le site de Béthune […] le scénario qui visait à maintenir une activité de production de pneus a été refermé", a déclaré Agnès Pannier-Runacher, ajoutant que "nous serons là au côté des salariés pour trouver les meilleures solutions, nous allons nous battre pour que ce site reste industriel".

"Bridgestone ne souhaite pas investir à Béthune parce qu'ils considèrent que le marché est en surcapacité, nous ne partageons pas totalement cette appréciation mais nous prenons acte, a concédé la ministre. Nous allons travailler sur des scénarios de reprise. Béthune a des talents, des savoir-faire". "L'espoir ce n'est pas que le drapeau de Bridgestone soit sur l'usine, c'est qu'à l'intérieur de l'usine, il y ait des gens qui continuent à travailler", a-t-elle relevé. Pour "implanter des activités d'avenir", elle a évoqué parmi les pistes un "écosystème en train de se mettre en place" dans la région avec un "site de batteries électriques qui va ouvrir et qui va recruter 2 400 personnes".

Bridgestone a identifié 4 projets de reprise

"Réduire la capacité de production de l’usine à une quantité de 3 millions de pneus ne constitue pas une solution pérenne pour Bridgestone, face à des concurrents dont la taille des usines s’accroît pour atteindre 10 à 20 millions de pneus", a développé le manufacturier dans un communiqué. Il a par ailleurs ajouté que "la recherche d'un repreneur au sein du secteur du pneu en partenariat avec Business France et la recherche d'activités hors pneus, ont permis l'identification de 10 opportunités dont 4 projets déjà bien définis."

Président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand a également refusé de s'avouer vaincu, en invoquant une possible reprise. "Il y a un projet sur des pneus. Bridgestone nous dit "on est même prêt à ce qu'un concurrent vienne s'installer à notre place". Dont acte", a-t-il affirmé. L'Etat et les collectivités restent prêts à mettre leur part "pour des projets de repreneurs sérieux qui ne soient pas Bridgestone", avec le même ratio d'un euro d'argent public pour un euro d'argent privé, a-t-il précisé. "Le bras-de-fer continue" par ailleurs avec Bridgestone, "pour qu'ils mettent le maximum sur le plan social", insiste l'élu.

Des reclassements possibles

"Il faut que Bridgestone arrête de jouer la montre, arrête de jouer avec les nerfs des salariés". "L'heure est pour nous au combat sur les mesures sociales, on va essayer d'aller chercher le maximum pour chacun des salariés", a de son côté réagi l'avocat de l'intersyndicale, Me Stéphane Ducrocq, s'affirmant "déçu et en colère" de l'attitude de la direction. Le projet "tenait la route, et aujourd'hui Bridgestone l'a en 5 minutes balayé", a-t-il déploré. "Dès le lendemain de l'annonce de la fermeture, Bridgestone s'est assis à la table des négociations, a signé un accord de méthode, et dans cet accord, il s'engageait à rechercher des solutions alternatives, et nous on y a cru, raison pour laquelle le site est resté admirablement calme pendant deux mois", a-t-il rappelé.

Pour adoucir la nouvelle, Bridgestone annonce avoir identifié des possibilités de reclassements au sein du groupe (First Stop, Côté Route, Speedy), avec une centaine d'offres déjà disponibles, mais aussi en dehors, faisant état de 400 opportunités sur le territoire local et 1300 autres en France, grâce au soutien du CNPA, du SNCP et du SPP. Conformément au plan initial, l'usine de Béthune, en l'état actuel des choses, devrait donc fermer ses portes en mai 2021. (Avec AFP)

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