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2015 : un marché stable selon le SPP Michelin
jeudi, 18 février 2016 15:10

2015 : un marché stable selon le SPP

Exit 2015, le pneumatique espère un exercice 2016 plus porteur. Mais les conditions climatiques ne semblent pas propices aux ventes de pneus hiver, qui constituent la variable annuelle déterminant un bon ou mauvais millésime.

Le syndicat des professionnels du pneumatique (SPP) vient de donner sa vision du marché pour l'année 2015. Sa vision, car les chiffres donnés, issus du panel GFK, regroupent seulement les adhérents du syndicat, à savoir les négociants spécialistes, les Fast-Fitter, les centres-auto. A l'exclusion des réseaux constructeurs (RA1 et RA2) et de nombreux sites web. Toutefois, une fois cette précision rappelée, il apparaît que le panorama énoncé ici représente quand même 60% du sell-out français en pneu tourisme, 80% du marché en camionnettes, et 48% en pneu 4X4.

Globalement, l'année 2015 s'est révélée porteuse en TC4, grâce à des ventes de pneus hiver en nette amélioration en début d'année. On attendait donc un millésime symbolisant la reprise, mais il fut plombé par une fin d'exercice difficile, avec un mois de décembre en chute de près de 15% par rapport à décembre 2014. Au final, l'année termine sur une stabilité qui sauve les meubles, mais n'incite pas à l'optimisme, d'autant que le début 2016 ne bénéficie pas d'une météo de nature à faire remonter les ventes de pneus hiver.

Dans le détail, malgré la conjoncture économique difficile, les pneus Premium résistent à la montée des produits moins chers, preuve que les automobilistes continuent de faire confiance à la marque. Les MDD reculent, avec un -4% qui tranche avec la progression de plus 16% enregistrée en 2014. Des volumes presque intégralement reportés sur les marques B des manufacturiers, qui jouent leur rôle de variables d'ajustement et barrent la route aux low-cost "exotiques".

Quant aux marques Budget, elles dévissent de 6%,  après un recul de 8,3% constaté en 2014. Quant aux prix moyens constatés dans les réseaux analysés par le panel GFK, on constate qu'ils baissent de 3 points environ par an, stigmatisant la concurrence exacerbée à laquelle se livrent les acteurs du pneumatique.

Parmi les autres phénomènes marquants de l'exercice, notons la percée des pneus toute saison, dont les ventes ont été multipliées par 4 en 2015. En guise d'analyse, Régis Audugé, directeur général du Syndicat, reconnaît que ce type de proposition se révèle particulièrement adapté à la météo générale de notre pays, ainsi qu'à sa situation économique. Les professionnels qui tirent le mieux parti de ces ventes sont les négociants, qui parviennent mieux à soumettre la proposition alternative au client final venu indécis pour des pneus hiver ou été.

Le poids lourd en mal de rechapage

Le pneumatique poids lourd réalise une année plutôt stable en termes de volumes. Pourtant, s'attardant au détail, Régis Audugé tire un constat amer face à la chute des ventes de pneumatiques rechapés. "En 2015, le marché français, qui résistait plutôt bien depuis trois ans, a perdu 60600 pneus rechapés. Ce qui représente, soit dit en passant, 3000 tonnes de matières premières consommées et 3700 tonnes de CO2 émises supplémentaires".

En cause, les pneumatiques PL Budget neufs, importés du sud-est asiatique, et qui s'affichent souvent moins chers que des rechapés ! Difficile de rivaliser. En effet, leur compétitivité s'est révélée aux transporteurs grâce à la baisse des prix des matières premières, mais également à la parité monétaire favorable au Yuan, ou encore aux surcapacités de production dans les usines chinoises.

Il ne faut pas non plus négliger l'attrait représenté par ces produits, vu du prisme des professionnels français, qui ont leur responsabilité dans ce phénomène. En effet, leur pouvoir d'achat en baisse, mais aussi les tensions de trésorerie chez les négociants spécialistes, incitent toute une filière à céder à cette facilité, qui peut toutefois constituer un danger. Souvent, ces produits intègrent des huiles aromatiques, interdites en France, car elles finissent par se déposer dans les nappes phréatiques.

Enfin, à ce prix-là, inutile d'imaginer un rechapage. Nous parlons là d'un produit mono-vie, qu'il convient d'éliminer du circuit après l'usage. Une hérésie pour un secteur qui prône tout entier le développement durable.

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