Pneumatique - Le site

Le manufacturier nippon et l'intersyndicale du groupe ont adopté un ensemble de mesures d'accompagnement des salariés nordistes alors que leur usine est vouée à fermer dans le courant du premier semestre 2021.

 

Après de longues semaines de tensions, le dossier de la fermeture de l'usine Bridgestone de Béthune a connu une réelle avancée. La direction tricolore du fabricant de pneus s'est ainsi félicitée, vendredi 18 décembre 2020, de s'être entendue avec la majorité des organisations syndicales quant à l'adoption d'un ensemble de mesures sociales d'accompagnement des salariés. L'intersyndicale a fait part de sa satisfaction d'avoir obtenu un congé de reclassement "à la hauteur du préjudice".

"Bridgestone France et la majorité des organisations syndicales représentatives ont entériné ce jour (...) un premier ensemble de mesures sociales d'accompagnement relatives au projet de cessation d'activité du site de Béthune", a annoncé la direction dans un communiqué.

Le projet de 131 salariés déjà validé

Ces mesures comprennent un dispositif de pré-retraite avec prise en charge d'une durée de sept ans et allocation de 75 % du salaire brut ainsi qu'un congé de reclassement de 21 à 24 mois, selon la situation des salariés. Un dispositif de départs anticipés a par ailleurs "permis de valider à ce stade le projet de plus de 131 salariés", sur les 863 du site, "dont 33 ont trouvé un poste en CDI", souligne la direction.

Joint par l'AFP, l'avocat du CSE Me Stéphane Ducrocq s'est dit "très satisfait" des mesures d'accompagnement adoptées. "Les organisations syndicales ont obtenu quasiment ce qu'elles voulaient, un congé de reclassement porté à 24 mois, à la hauteur du préjudice subi par les salariés", a-t-il estimé. Il a salué le "combat âpre, difficile" de l'intersyndicale pour "convaincre la direction que faire un plan dans les normes ne suffirait pas".

Un congé de reclassement de 36 mois initialement réclamé

Le 10 décembre, les responsables syndicaux de l'usine avaient dénoncé la position "honteuse" de la direction dans les négociations liées à la fermeture du site. L'intersyndicale avait revendiqué initialement un congé de reclassement de 36 mois, contre 12 à 15 mois proposés par la direction, selon Me Ducrocq.

Le géant japonais du pneumatique avait annoncé mi-septembre la fermeture courant 2021 du site de Béthune, invoquant un problème de surcapacité de production en Europe, avant de fermer la porte à un scénario alternatif proposé par le gouvernement pour sauver l'usine et y préserver environ 500 emplois. (Avec AFP)

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La direction du manufacturier nippon a fait état, lundi 14 décembre 2020, d'"avancées prometteuses" quant à la recherche de repreneurs pour son usine nordiste. Celle-ci fermera ses portes en milieu d'année prochaine.  

 

Alors que les élus nordistes lui réclament des dédommagements, Bridgestone s'est prévalu d'"avancées prometteuses dans la recherche de solutions industrielles" à la fermeture annoncée de son usine de pneumatiques de Béthune qui emploie 863 personnes, listant neuf projets "en phase d'études approfondies".

Deux manufacturiers se sont positionnés

Sur ces neuf projets, "deux concernent la reprise du site par un fabricant de pneumatiques, cinq l'installation de nouvelles activités sur le site, dans les domaines du pneumatique et du caoutchouc, des batteries et dans d'autres secteurs d'activités" et deux "l'installation d'activités en dehors du site", a indiqué la direction du groupe dans un communiqué.

"En concertation étroite avec les équipes du Gouvernement, Business France, Nord France Invest et les collectivités, Bridgestone s'est engagé à faire progresser l'étude de ces projets et la recherche de solutions pérennes dans les plus brefs délais et, si nécessaire, au-delà de la période prévue par la loi", ajoute le communiqué.

Les négociations continuent au sujet du PSE

"Les projets à l'étude progressent bien et sont prometteurs", a déclaré Daniel Giroud, directeur commercial et membre du comité exécutif de Bridgestone EMIA, en charge du dossier. "Un dialogue est mené sur ces neuf projets avec les interlocuteurs institutionnels, y compris dans le détail sur comment chacun peut les faire avancer", a précisé la direction.

Les négociations se poursuivent par ailleurs sur le PSE, jusqu'au 21 janvier, avec les syndicats, qui ont dénoncé la semaine dernière une "situation de blocage et de déception" sur la question des congés de reclassement. (Avec AFP)

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Jugeant que le manufacturier n'a pas respecté une clause sur l'emploi, la communauté d'agglomération de Béthune-Bruay demande à Bridgestone le remboursement de 1,25 million d'euros d'aides publiques, versées entre 2007 et 2010, pour moderniser l'usine nordiste.

 

Nouvelles tensions dans le dossier de l'usine Bridgestone de Béthune. Dans un vote en conseil communautaire, le mardi 8 décembre 2020, confirmé à l'AFP par l'agglomération, la collectivité a justifié cette demande en évoquant le non-respect par Bridgestone de l'une des clauses sociales ayant conditionné le versement de subventions entre 2007 et 2010 pour moderniser l'usine de Béthune.

Les élus "autorisent" le président de l'agglomération Olivier Gacquerre "à prendre toutes les mesures utiles afin de permettre ce remboursement, notamment par l'émission d'un titre de recettes, ou l'exercice d'une éventuelle action en justice, au nom et pour le compte de l'agglomération", peut-on lire dans le texte de cette délibération.

50 emplois devaient être créés

En 2007, Bridgestone avait lancé un plan d'investissements de 30 millions d'euros pour augmenter les capacités de production l'usine, sollicitant des aides de l'État, de la région et des collectivités locales. La convention signée avec la communauté d'agglomération de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane (CABBALR) prévoyait le versement de 1,5 million d'euros "pour l'investissement et la création d'emplois relatifs au développement de la production de pneus ultra hautes performance."

En contrepartie, Bridgestone s'engageait à créer 50 emplois entre 2007 et 2010 - l'effectif de départ étant de 1 208 CDI - et à les maintenir "durant une période de cinq années suivant la date d'achèvement du programme", soit jusqu'à fin 2015. L'agglomération avait finalement versé 1,25 million d'euros.

Bridgestone a été alerté dès 2016

Mais la clause n'a pas été respectée : en 2015 "on était à moins 91" emplois par rapport à l'effectif de départ, explique à l'AFP le vice-président de l'agglomération Steve Bossart, rapporteur du dossier. Constatant le non-respect de l'engagement, l'agglomération avait alerté Bridgestone dès 2016, sans demander le remboursement. Mais aujourd'hui, la direction "ne joue pas le jeu", déplore Steve Bossart.

"On réclame le remboursement, c'est de l'argent public, on a des comptes à rendre", a expliqué le rapporteur du dossier, la collectivité souhaitant "flécher" cet argent vers du développement économique, car "avec les gens qui vont se retrouver sur le carreau, il va y avoir des besoins". Selon lui, la présence de l'usine à Béthune rapporte chaque année 4,4 millions d'euros de recettes fiscales à l'agglomération, à la ville et au département. (avec AFP)

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Vendredi 27 novembre 2020, plus d'une centaine de salariés du site nordiste de Bridgestone se sont rassemblés pour protester contre l'arrêt de leur outil de travail, prévu pour 2021.

 

L'appel lancé par l'intersyndicale du groupe japonais a été entendu. Vendredi 27 novembre, plus d'une centaine de salariés se sont regroupés devant leur usine de Béthune (Pas-de-Calais) pour se faire entendre alors que leur site est voué à la fermeture mais aussi pour protester contre la tournure des négociations. "La direction essaie de gagner du temps, on ne va pas se laisser faire, elle fait traîner. On met en garde la direction, ça va se durcir. On est prêt à se battre pour qu'il y ait un repreneur et pour le PSE, que les salariés partent dignement", a déclaré Bruno Wable, secrétaire adjoint CGT.

"Il faut que la direction change d'attitude, a pour sa part affirmé le président du conseil régional Xavier Bertrand. Ils ne font toujours pas ce qu'il faut, les négociations ont commencé hier (...) ce n'est pas une surprise, ça ne se passe pas bien". L'avenir des 863 salariés "est sombre, il faut absolument qu'on l'éclaire avec des garanties, des congés de reclassement, des garanties, des primes supralégales. Il faut que tout le poids de l'Etat soit mis pour faire payer Bridgestone", a prôné le député LFI de la Somme, François Ruffin, également venu en soutien.

"La direction a arrêté les négociations"

Une réunion de négociation du PSE s'est tenue jeudi sur les retraites et préretraites sans déboucher sur un accord, selon les syndicats. "La direction a arrêté les négociations", a affirmé Stéphane Ducrocq, avocat de l'Intersyndicale. "Nos dirigeants, c'est de la pure provocation. On veut un accord thème par thème" et "eux veulent tout mélanger", a fait écho Denis Drouet, délégué syndical CFDT. "On sait que l'usine va fermer (...) on veut montrer la force de l'intersyndicale pour peser dans les négociations", a-t-il ajouté.

"Bridgestone, premier sponsor des JO Paris 2024, les 863 salariés n'auront pas oublié", pouvait-on lire sur une banderole tendue sur les grilles de l'usine. Les manifestants ont fait brûler des palettes et planté quelques croix en bois sur la route qui longe le site. Des affiches, traduites en japonais, montraient un enfant interrogeant "Pourquoi ma maman n'arrête pas de pleurer ?".

Au moins deux repreneurs identifiés

Les salariés "sont révoltés" mais "ils n'iront pas à la faute" pour préserver les espoirs de reprise du site, a pour sa part estimé sur BFMTV la ministre chargée de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher. "Notre objectif est de remettre de l'activité sur le site, nous avions proposé à Bridgestone de le faire avec eux, ils ont refusé, nous le ferons sans eux", a-t-elle assuré.

Une première réunion du comité de suivi réunissant Etat et collectivités sur les projets de reprise doit se tenir la semaine prochaine, a précisé Xavier Bertrand à l'AFP. "Il ne s'agit pas non plus de se jeter dans les bras du premier qui passe", a-t-il mis en garde, "le premier critère c'est la solidité du projet, sa viabilité, le nombre d'emplois et le statut des emplois". Parmi les projets sur la table, cinq émanent de producteurs de pneus étrangers, a-t-il ajouté, évoquant l'hypothèse d'"au moins deux repreneurs". (Avec AFP)

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mercredi, 18 novembre 2020 11:34

Xavier Bertrand met la pression sur Bridgestone

Toujours aussi remonté par la fermeture à venir de l'usine du manufacturier située à Béthune, le président de la région Hauts-de-France exhorte Bridgestone de revoir à la hausse son enveloppe allouée au financement du plan social.

 

Mobilisé sur ce dossier depuis deux mois et l'annonce par Bridgestone de la fermeture imminente du site de fabrication nordiste, Xavier Bertrand ne relâche pas l'étreinte sur le groupe nippon. Alors que celui-ci a réaffirmé vendredi 13 novembre 2020, ses intentions, le président de la région Hauts-de-France l'exhorte à financer au "maximum" le plan social lié à la fermeture de cette usine qui emploie 863 personnes, estimant qu'il n'est "jamais trop tard pour bien faire".

120 millions d'euros… une "plaisanterie" !

"Aujourd'hui, le problème est très simple, en juin prochain il est prévu zéro emploi sur le site. Il est prévu aujourd'hui 120 millions d'euros pour l'ensemble des salariés pour leur permettre de s'en sortir, de rebondir et pour aussi retrouver des emplois sur ce site. C'est un chiffre qui est dérisoire par rapport au préjudice et par rapport à ce que Bridgestone peut faire, a déclaré Xavier Bertrand sur l'antenne de France Bleu Nord. Quand on part, en France, on doit partir en respectant les salariés. On n'est pas aux Etats-Unis. On n'est pas avec des gens qui sont des Kleenex qu'on balance".

Qualifiant de "plaisanterie" ce montant de 120 millions d'euros, le président de l'exécutif régional réclame ainsi"le maximum" à Bridgestone. Car "je veux que Bridgestone paie une partie du salaire de départ et des charges de départ" lorsque"les ex-Bridgestone (...) seront recrutés par un nouvel employeur". Pour lui, dans ce contexte, Michelin est un "exemple" à "suivre". "Quand ils ont fermé des usines, eux, ils ne se sont pas contentés du minimum. Ils ont fait le maximum pour que les salariés puissent retrouver dignement un travail et qu'il puisse y avoir de nouvelles activités".

L'intersyndicale déplore un manque de transparence

Selon l'intersyndicale, le gouvernement, qui avait proposé un projet alternatif, a évoqué jeudi dernier l'intérêt de quatre industriels du pneu (un chinois, un turc et deux indiens) pour une reprise partielle du site. "La direction a une fois de plus fait preuve de mauvaise foi et de manque de transparence envers les élus qui ne cessent de réclamer des explications sur les différents scénarii envisagés concernant la fermeture du site", a affirmé mardi à l'issue d'un CSE l'intersyndicale, dans un tract.

Les représentants syndicaux déplorent que leurs experts ne soient "toujours pas en possession des informations leur permettant d'avancer dans leurs travaux", et se disent prêts à "saisir l'administration du travail pour demander une injonction visant à obtenir les documents réclamés". "Il est évident que la direction tente de gagner du temps pour éviter d'avoir à expliquer clairement l'inexplicable : il n'y a pas de motif à la fermeture du site de Béthune !", insistent-ils. (Avec AFP)

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vendredi, 13 novembre 2020 15:02

Bridgestone lâche définitivement Béthune

Le manufacturier a réaffirmé son intention de fermer son usine nordiste. Le projet alternatif, présenté par le ministère de l'Industrie, a été balayé par la direction nippone. Agnès Pannier-Runacher a promis de ne pas abandonner les salariés.

 

Depuis le 16 septembre 2020, date à laquelle Bridgestone a dévoilé son jeu, le sort réservé à l'usine de Béthune a suscité une réelle indignation mais aussi un vrai élan de solidarité. Des membres du gouvernement s'y sont rendus à plusieurs reprises pour comprendre la situation, échanger avec les 863 salariés menacés de perdre leur emploi et tenté de trouver des solutions. Cet engagement s'est traduit par la présentation d'un plan alternatif à la fermeture du site, dévoilé à la mi-octobre, visant à sauver entre 525 et 555 postes moyennant une redéfinition stratégique et un investissement compris entre 97 et 125 millions d'euros que les pouvoirs publics étaient prêts à soutenir.

"Nous allons nous battre pour que ce site reste industriel"

Quasiment deux mois jour pour jour après son annonce initiale, Bridgestone a réaffirmé son intention de fermer Béthune courant 2021. Le scénario de Bercy a été rejeté par la direction nippone au cours d'une réunion qui s'est tenue le jeudi 12 novembre 2020 au ministère de l'Industrie. "Bridgestone a fermé la porte, Bridgestone quitte le site de Béthune […] le scénario qui visait à maintenir une activité de production de pneus a été refermé", a déclaré Agnès Pannier-Runacher, ajoutant que "nous serons là au côté des salariés pour trouver les meilleures solutions, nous allons nous battre pour que ce site reste industriel".

"Bridgestone ne souhaite pas investir à Béthune parce qu'ils considèrent que le marché est en surcapacité, nous ne partageons pas totalement cette appréciation mais nous prenons acte, a concédé la ministre. Nous allons travailler sur des scénarios de reprise. Béthune a des talents, des savoir-faire". "L'espoir ce n'est pas que le drapeau de Bridgestone soit sur l'usine, c'est qu'à l'intérieur de l'usine, il y ait des gens qui continuent à travailler", a-t-elle relevé. Pour "implanter des activités d'avenir", elle a évoqué parmi les pistes un "écosystème en train de se mettre en place" dans la région avec un "site de batteries électriques qui va ouvrir et qui va recruter 2 400 personnes".

Bridgestone a identifié 4 projets de reprise

"Réduire la capacité de production de l’usine à une quantité de 3 millions de pneus ne constitue pas une solution pérenne pour Bridgestone, face à des concurrents dont la taille des usines s’accroît pour atteindre 10 à 20 millions de pneus", a développé le manufacturier dans un communiqué. Il a par ailleurs ajouté que "la recherche d'un repreneur au sein du secteur du pneu en partenariat avec Business France et la recherche d'activités hors pneus, ont permis l'identification de 10 opportunités dont 4 projets déjà bien définis."

Président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand a également refusé de s'avouer vaincu, en invoquant une possible reprise. "Il y a un projet sur des pneus. Bridgestone nous dit "on est même prêt à ce qu'un concurrent vienne s'installer à notre place". Dont acte", a-t-il affirmé. L'Etat et les collectivités restent prêts à mettre leur part "pour des projets de repreneurs sérieux qui ne soient pas Bridgestone", avec le même ratio d'un euro d'argent public pour un euro d'argent privé, a-t-il précisé. "Le bras-de-fer continue" par ailleurs avec Bridgestone, "pour qu'ils mettent le maximum sur le plan social", insiste l'élu.

Des reclassements possibles

"Il faut que Bridgestone arrête de jouer la montre, arrête de jouer avec les nerfs des salariés". "L'heure est pour nous au combat sur les mesures sociales, on va essayer d'aller chercher le maximum pour chacun des salariés", a de son côté réagi l'avocat de l'intersyndicale, Me Stéphane Ducrocq, s'affirmant "déçu et en colère" de l'attitude de la direction. Le projet "tenait la route, et aujourd'hui Bridgestone l'a en 5 minutes balayé", a-t-il déploré. "Dès le lendemain de l'annonce de la fermeture, Bridgestone s'est assis à la table des négociations, a signé un accord de méthode, et dans cet accord, il s'engageait à rechercher des solutions alternatives, et nous on y a cru, raison pour laquelle le site est resté admirablement calme pendant deux mois", a-t-il rappelé.

Pour adoucir la nouvelle, Bridgestone annonce avoir identifié des possibilités de reclassements au sein du groupe (First Stop, Côté Route, Speedy), avec une centaine d'offres déjà disponibles, mais aussi en dehors, faisant état de 400 opportunités sur le territoire local et 1300 autres en France, grâce au soutien du CNPA, du SNCP et du SPP. Conformément au plan initial, l'usine de Béthune, en l'état actuel des choses, devrait donc fermer ses portes en mai 2021. (Avec AFP)

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Pas vraiment rassurant et comportant trop de zones de flou, le projet alternatif dévoilé par le gouvernement à propos de l'usine Bridgestone de Béthune n'a pas rencontré l'adhésion des représentants syndicaux. Des précisions rapides sont attendues.

 

L'intersyndicale de Bridgestone s'inquiète du flou du scénario présenté lundi dernier par la ministre déléguée chargée de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, pour éviter la fermeture de l'usine Bridgestone de Béthune et demande des précisions rapides tant sur le contenu du projet que sur l'investissement de l'Etat, a indiqué jeudi son avocat à l'AFP.

Plus de la moitié des emplois sauvés

"Il faut nous dire rapidement ce qu'il en est et qu'ils ne fassent pas rêver les gens", a souligné Me Stéphane Ducrocq à l'issue de deux assemblées générales des salariés jeudi. Il a évoqué un "scénario au doigt mouillé pour lequel on ignore absolument si Bridgestone est d'accord ou pas". Lundi, le gouvernement a proposé à Bridgestone un "scénario" pour éviter la fermeture du site de Béthune, annoncée en septembre par le géant japonais du pneumatique et qui menace 863 emplois.

Fondé sur une expertise du cabinet Accenture, ce projet industriel prévoit une production sur place de 3 millions de pneus de qualité supérieure et maintiendrait plus de la moitié des emplois. Il suppose une restructuration, 100 millions d'euros d'investissement et de 25 à 40 % de gains de productivité. L'Etat dit qu'il est prêt à contribuer à l'investissement sur le site, "mais combien, comment ?" s'est interrogé Me Ducrocq.

Des experts vont se rendre sur place

Dans un communiqué de presse, l'intersyndicale s'est affirmée mercredi "inquiète", déplorant que le projet dévoilé à Bercy "reste muet sur les investissements massifs qui avaient été promis par l'État dans le cadre du plan de relance". Demandant à participer à une réunion avec le gouvernement et la direction de Bridgestone Europe, elle a assuré qu'elle n'accepterait "qu'un projet viable à long terme qui garantisse le maximum d'emplois sur site". Mardi, Agnès Pannier-Runacher avait indiqué que le gouvernement se donnait trois semaines pour valider ou non le scénario en question.

Des experts du cabinet Accenture doivent venir le 29 octobre à l'usine de Béthune, a indiqué Me Ducrocq, qui espère alors obtenir des précisions sur les contours du projet. "Le scénario d'une fermeture n'emporte pas les mêmes mesures que le scénario où on ne licencie pas tout le monde", a-t-il rappelé, alors que le top départ des cinq mois de négociations du plan de sauvegarde de l'emploi a été donné le 1er octobre. Mi-septembre, Bridgestone avait annoncé la "cessation définitive" à l'horizon 2021 de l'activité du site invoquant une surcapacité de production en Europe et la concurrence des marques asiatiques à bas coûts. (avec AFP)


 

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La décision du manufacturier nippon de fermer son site de production du nord de la France a provoqué de nombreuses réactions. Si la classe politique dénonce les choix de Bridgestone, les représentants syndicaux pointent du doigt le rôle de l'Etat.

 

L'annonce de la fermeture de l'usine Bridgestone de Béthune (62) a provoqué une onde de choc. Intérrogé par nos confères de CNews, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, juge qu'il s'agit là d'une "décision révoltante, avec une méthode révoltante et des conséquences révoltantes." "Nous allons nous battre" a assuré le ministre, dans un premier temps pour tenter de "développer une autre activité avec des pneus plus larges que ceux qui sont produits actuellement sur le site de Béthune". "Et si jamais nous n'arrivons pas à cette solution-là, (pour) trouver des solutions de réindustrialisation du site pour qu'il y ait, pour chaque ouvrier de Bridgestone, une solution qui soit une solution cohérente et acceptable pour eux", a-t-il ajouté.

Le gouvernement et Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, ont dénoncé de concert "la brutalité "de l'annonce. Dans un communiqué commun, fait rare, "ils en contestent" aussi "la pertinence et les fondements" et "demandent à l'entreprise que soient ouverts et analysés en détail l'ensemble des scénarios alternatifs" à cette fermeture. A l'issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a dénoncé "une trahison de la confiance" placée dans Bridgestone, qui doit "assumer ses responsabilités plutôt que de chercher des prétextes. C'est l'entreprise qui a sous-investi dans le site de Béthune au profit d'autres sites", et qui "a été incapable d'instaurer les conditions d'un dialogue social sain".

"On a affaire à des menteurs, des cyniques"

Xavier Bertrand a laissé éclater sa colère alors qu'il était sur le site : "on a affaire à des menteurs, des cyniques. Ce plan est inacceptable". Bridgestone a "dit non à toutes les propositions qu'on lui a faites, c'est quelque chose qu'ils avaient en tête depuis longtemps", a-t-il accusé avant d'ajouter : "notre rôle n'est pas seulement d'être en colère" mais "de trouver des solutions".

"C'est bien que les politiques s'indignent aujourd'hui" de la décision de Bridgestone "mais il faut être plus vigilant quand on nous promet des choses et il faut vérifier qu'elles sont bien tenues", a insisté le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. "L'argent qu'on a donné avec le CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, ndlr), à quoi il a servi, est-ce qu'on a investi, modernisé ?"

Des aides publiques mal maitrisées

La question des contreparties aux aides publiques "s'est posée encore dans le plan de relance" et "c'est pour ça qu'on parle de conditionnalité des aides", a-t-il souligné. "Des aides publiques, il y en a beaucoup aux entreprises et, du jour au lendemain, elles font ce qu'elles veulent", a déploré Philippe Martinez.

"Il faut être plus ferme. Il faut que ce soit notifié", il faut préciser "combien d'emplois, quels investissements, comment vous aidez à la préservation de la planète, un genre d'accord, conclu, écrit noir sur blanc, avec des sanctions, des amendes pour les entreprises qui ne respectent pas, non seulement rendre l'argent mais avoir des amendes", a-t-il détaillé. Depuis la crise sanitaire, "le moins qu'on puisse dire, et l'exemple de Bridgestone en est un admirable, c'est que du point de vue du patronat, rien n'a changé", a-t-il regretté. "Voyez les premiers de corvée comment ils sont remerciés !"

Trop peu d'investissements sur le site, selon FO

Un avis sur les aides publiques partagé par Yves Veyrier, secrétaire général de Force Ouvrière : "On a beaucoup débattu de la question des contreparties aux aides publiques" et Bridgestone "fait partie des entreprises qui savent faire la recherche aux aides publiques et une fois qu'elles ont été absorbées, on va voir ailleurs", a-t-il lancé au micro d'Europe 1.

"Il faut absolument mettre une pression, les moyens, pour maintenir l'activité parce qu'on a vu venir les choses", même si "l'annonce est soudaine", car "depuis longtemps, il y avait insuffisamment d'investissements" sur le site, a continué Yves Veyrier. "Dans l'immédiat", le responsable de FO "pense qu'il faut mettre la direction de l'entreprise autour de la table avec les pouvoirs publics, il faut un discours ferme, mais aussi regarder comment on peut appuyer et les pouvoirs publics doivent y mettre aussi les moyens peut-être nécessaires pour qu'on maintienne l'activité". (avec AFP)

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863 emplois français seraient menacés à la suite de l’annonce, le 16 septembre 2020, par le manufacturier japonais d'un projet de cessation totale et définitive de l’activité de Béthune.

 

Depuis plusieurs mois, les annonces se succèdent et se ressemblent sur le marché européen du pneumatique. Alors qu’il y a près d’un an, Michelin annonçait la fermeture de son usine vendéenne de La Roche-sur-Yon, il y a quelques jours Continental montrait sa volonté de faire de même avec son site allemand d’Aix-la-Chapelle. Et ce 16 septembre 2020, c’est Bridgestone qui déclare, lors d'un comité social et économique extraordinaire, projeter de cesser son activité de Béthune (62).

Pour justifier ce projet, le manufacturier nippon invoque un marché du pneumatique confronté à de nombreuses difficultés depuis plusieurs années, sans même tenir compte des conséquences à venir de la pandémie de Covid-19. Mais aussi une concurrence asiatique, dont il estime que les parts de marché ont crû de 6 % à 25 % entre 2000 et 2018. Des tendances qui entraînent une surcapacité de production en Europe ainsi qu’une une pression sur les prix, "en particulier sur le segment LRD (jantes à dimensions inférieures à 18 pouces de diamètre)".

L’usine la moins performante

Il indique également que son usine de Béthune est la moins performante de sa dizaine d’usines européennes. "En une décennie, ses effectifs ont chuté de 40 %, au même rythme que ses volumes de production (passés de 8,5 millions d'unités à 5,1 millions) dans un marché stable", a-t-il confié à l’AFP.

Le manufacturier déclare "envisager la cessation totale et définitive de l’activité de l’usine de Béthune comme étant la seule option qui permettrait de sauvegarder la compétitivité des opérations de Bridgestone en Europe". Au total, 863 employés seraient concernés par cette mesure qui ne devrait pas être effective avant le deuxième trimestre 2021.

Limiter l'impact sur l'emploi

Laurent Dartoux, CEO et Président de Bridgestone EMIA, a assuré avoir pleinement conscience des conséquences de cette décision : "La cessation d’activité de l’usine de Béthune est un projet que nous ne prenons pas à la légère. Malheureusement, il n’existe pas d’alternative qui nous permettrait de surmonter les difficultés auxquelles nous sommes confrontés en Europe. Cette étape est nécessaire pour pérenniser les activités de Bridgestone à long-terme", a-t-il indiqué.

Ainsi, ce plan devrait être mis en place en collaboration avec syndicats du personnel et le groupe assure vouloir limiter le nombre de licenciements en privilégiant des mesures de pré-retraite, le reclassement interne des salariés au sein des autres activités de Bridgestone en France, et en favorisant le reclassement externe. Le manufacturier a également annoncé vouloir limiter l’impact de cette fermeture sur la région, et s’est notamment engagé à trouver un repreneur pour son site.

"L'effet d'une bombe"

Cette annonce a provoqué l'effet d'une bombe pour les salariés et les syndicats qui ont appris la nouvelle ce matin. Elle a également suscité de vives et nombreuses réactions de nombreuses personnalités politiques. 

Le gouvernement et le président de la région, Xavier Bertrand, ont contesté immédiatement "la brutalité, la pertinence et les fondements" de cette annonce auprès de l’AFP, demandant à l’entreprise d’ouvrir et d’analyser "en détail l’ensemble des scénarios alternatifs à la fermeture du site". De son côté, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, juge cette décision comme "une trahison de la confiance que l'Etat et la région Hauts-de-France ont placée dans le groupe japonais", ajoutant que "Bridgestone doit aujourd'hui assumer ses responsabilités plutôt que de chercher des prétextes". A suivre... 

 

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Dans le cadre d'un vaste plan de restructuration, prévoyant de réaliser un milliard d'euros d'économies annuelles, l'équipementier envisage de fermer son site de production d'Aix-la-Chapelle d'ici fin 2021. Une usine où sont employées 1 800 personnes.

 

Quelques jours après avoir annoncé le durcissement de son plan de restructuration, Continental a annoncé vouloir fermer, d'ici fin 2021, son site d'Aix-la Chapelle. 1 800 personnes travaillent actuellement dans cette usine située en Rhénanie-du-Nord-Westphalie qui fabrique des pneus tourisme.

"Nous avons trop de capacités dans la production de pneus" alors que le "marché baisse", a détaillé un porte-parole du deuxième équipementier mondial à l'AFP. "C'est une évolution que nous voyons depuis des années" mais que "le virus a encore renforcée", a-t-il ajouté.

"Une gestion du siècle dernier"

Le syndicat IG BCE fustige dans un communiqué "une gestion du siècle dernier", des "erreurs de management" et le "sacrifice" d'un site "profitable", qui n'est "justifié ni par la transformation de l'industrie automobile ni par la crise" du Covid-19. Francesco Grioli, représentant du personnel qui siège également au conseil d'administration de Continental, promet "de la résistance à tous les niveaux".

Au total, près de 30 000 emplois sur 232 000 dans le monde seront "modifiés, délocalisés ou abandonnés" d'ici 2029, dans le cadre du plan de restructuration, dont 13 000 en Allemagne, pour réaliser un milliard d'euros d'économies annuelles dès 2023. (Avec AFP)

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