Pneumatique - Le site

La direction du manufacturier nippon a fait état, lundi 14 décembre 2020, d'"avancées prometteuses" quant à la recherche de repreneurs pour son usine nordiste. Celle-ci fermera ses portes en milieu d'année prochaine.  

 

Alors que les élus nordistes lui réclament des dédommagements, Bridgestone s'est prévalu d'"avancées prometteuses dans la recherche de solutions industrielles" à la fermeture annoncée de son usine de pneumatiques de Béthune qui emploie 863 personnes, listant neuf projets "en phase d'études approfondies".

Deux manufacturiers se sont positionnés

Sur ces neuf projets, "deux concernent la reprise du site par un fabricant de pneumatiques, cinq l'installation de nouvelles activités sur le site, dans les domaines du pneumatique et du caoutchouc, des batteries et dans d'autres secteurs d'activités" et deux "l'installation d'activités en dehors du site", a indiqué la direction du groupe dans un communiqué.

"En concertation étroite avec les équipes du Gouvernement, Business France, Nord France Invest et les collectivités, Bridgestone s'est engagé à faire progresser l'étude de ces projets et la recherche de solutions pérennes dans les plus brefs délais et, si nécessaire, au-delà de la période prévue par la loi", ajoute le communiqué.

Les négociations continuent au sujet du PSE

"Les projets à l'étude progressent bien et sont prometteurs", a déclaré Daniel Giroud, directeur commercial et membre du comité exécutif de Bridgestone EMIA, en charge du dossier. "Un dialogue est mené sur ces neuf projets avec les interlocuteurs institutionnels, y compris dans le détail sur comment chacun peut les faire avancer", a précisé la direction.

Les négociations se poursuivent par ailleurs sur le PSE, jusqu'au 21 janvier, avec les syndicats, qui ont dénoncé la semaine dernière une "situation de blocage et de déception" sur la question des congés de reclassement. (Avec AFP)

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Jugeant que le manufacturier n'a pas respecté une clause sur l'emploi, la communauté d'agglomération de Béthune-Bruay demande à Bridgestone le remboursement de 1,25 million d'euros d'aides publiques, versées entre 2007 et 2010, pour moderniser l'usine nordiste.

 

Nouvelles tensions dans le dossier de l'usine Bridgestone de Béthune. Dans un vote en conseil communautaire, le mardi 8 décembre 2020, confirmé à l'AFP par l'agglomération, la collectivité a justifié cette demande en évoquant le non-respect par Bridgestone de l'une des clauses sociales ayant conditionné le versement de subventions entre 2007 et 2010 pour moderniser l'usine de Béthune.

Les élus "autorisent" le président de l'agglomération Olivier Gacquerre "à prendre toutes les mesures utiles afin de permettre ce remboursement, notamment par l'émission d'un titre de recettes, ou l'exercice d'une éventuelle action en justice, au nom et pour le compte de l'agglomération", peut-on lire dans le texte de cette délibération.

50 emplois devaient être créés

En 2007, Bridgestone avait lancé un plan d'investissements de 30 millions d'euros pour augmenter les capacités de production l'usine, sollicitant des aides de l'État, de la région et des collectivités locales. La convention signée avec la communauté d'agglomération de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane (CABBALR) prévoyait le versement de 1,5 million d'euros "pour l'investissement et la création d'emplois relatifs au développement de la production de pneus ultra hautes performance."

En contrepartie, Bridgestone s'engageait à créer 50 emplois entre 2007 et 2010 - l'effectif de départ étant de 1 208 CDI - et à les maintenir "durant une période de cinq années suivant la date d'achèvement du programme", soit jusqu'à fin 2015. L'agglomération avait finalement versé 1,25 million d'euros.

Bridgestone a été alerté dès 2016

Mais la clause n'a pas été respectée : en 2015 "on était à moins 91" emplois par rapport à l'effectif de départ, explique à l'AFP le vice-président de l'agglomération Steve Bossart, rapporteur du dossier. Constatant le non-respect de l'engagement, l'agglomération avait alerté Bridgestone dès 2016, sans demander le remboursement. Mais aujourd'hui, la direction "ne joue pas le jeu", déplore Steve Bossart.

"On réclame le remboursement, c'est de l'argent public, on a des comptes à rendre", a expliqué le rapporteur du dossier, la collectivité souhaitant "flécher" cet argent vers du développement économique, car "avec les gens qui vont se retrouver sur le carreau, il va y avoir des besoins". Selon lui, la présence de l'usine à Béthune rapporte chaque année 4,4 millions d'euros de recettes fiscales à l'agglomération, à la ville et au département. (avec AFP)

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vendredi, 11 décembre 2020 10:22

Bridgestone équipera le futur Grenadier d'Ineos

Le manufacturier japonais a été sélectionné par le groupe britannique pour équiper son futur 4x4. Attendu pour début 2022, le Grenadier chaussera des enveloppes Dueler A/T 001, pour jantes de 17 et 18 pouces.

 

Joli coup pour Bridgestone qui vient de conclure un partenariat prometteur avec Ineos Automotive pour l'équipement première monte de son futur Grenadier. Alors qu'il sera produit dans l'ancienne usine Smart d'Hambach (Moselle), désormais entre les mains d'Ineos, le 4x4 britannique marquera l'arrivée de la multinationale de Jim Ratcliffe dans le secteur automobile.

Attendus pour début 2022, les premiers exemplaires chausseront donc des pneumatiques Dueler A/T 001, la gamme polyvalente tout-terrain de Bridgestone, en 17 et 18 pouces. Celle-ci combine les caractéristiques d’un pneu mixte adapté à la conduite sur route et hors-route pour offrir un confort maximal en toutes circonstances. Il permet aux conducteurs de poursuivre leur route quel que soit le type de terrain rencontré.

"L’équipe Bridgestone a pris à cœur notre message"

"Chez Bridgestone, nous adorons travailler avec de nouveaux entrants sur le marché automobile, car ils nous conduisent à innover et à nous améliorer constamment, déclare Steven De Bock, vice-président de la Consumer Business Unit EMIA. Ineos Automotive est une entreprise qui élabore son véhicule de A à Z en plaçant l’utilisateur final au cœur du processus de conception. C’est une opportunité enthousiasmante et nous sommes particulièrement fiers d’être impliqués dans un projet qui suscite tant d’intérêt dans le monde entier".

"L’équipe Bridgestone a pris à cœur notre message de fabrication sur mesure pour élaborer son pneu Dueler A/T 001 selon nos exigences", a pour sa part commenté Mark Tennant, directeur commercial du groupe britannique.

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Vendredi 27 novembre 2020, plus d'une centaine de salariés du site nordiste de Bridgestone se sont rassemblés pour protester contre l'arrêt de leur outil de travail, prévu pour 2021.

 

L'appel lancé par l'intersyndicale du groupe japonais a été entendu. Vendredi 27 novembre, plus d'une centaine de salariés se sont regroupés devant leur usine de Béthune (Pas-de-Calais) pour se faire entendre alors que leur site est voué à la fermeture mais aussi pour protester contre la tournure des négociations. "La direction essaie de gagner du temps, on ne va pas se laisser faire, elle fait traîner. On met en garde la direction, ça va se durcir. On est prêt à se battre pour qu'il y ait un repreneur et pour le PSE, que les salariés partent dignement", a déclaré Bruno Wable, secrétaire adjoint CGT.

"Il faut que la direction change d'attitude, a pour sa part affirmé le président du conseil régional Xavier Bertrand. Ils ne font toujours pas ce qu'il faut, les négociations ont commencé hier (...) ce n'est pas une surprise, ça ne se passe pas bien". L'avenir des 863 salariés "est sombre, il faut absolument qu'on l'éclaire avec des garanties, des congés de reclassement, des garanties, des primes supralégales. Il faut que tout le poids de l'Etat soit mis pour faire payer Bridgestone", a prôné le député LFI de la Somme, François Ruffin, également venu en soutien.

"La direction a arrêté les négociations"

Une réunion de négociation du PSE s'est tenue jeudi sur les retraites et préretraites sans déboucher sur un accord, selon les syndicats. "La direction a arrêté les négociations", a affirmé Stéphane Ducrocq, avocat de l'Intersyndicale. "Nos dirigeants, c'est de la pure provocation. On veut un accord thème par thème" et "eux veulent tout mélanger", a fait écho Denis Drouet, délégué syndical CFDT. "On sait que l'usine va fermer (...) on veut montrer la force de l'intersyndicale pour peser dans les négociations", a-t-il ajouté.

"Bridgestone, premier sponsor des JO Paris 2024, les 863 salariés n'auront pas oublié", pouvait-on lire sur une banderole tendue sur les grilles de l'usine. Les manifestants ont fait brûler des palettes et planté quelques croix en bois sur la route qui longe le site. Des affiches, traduites en japonais, montraient un enfant interrogeant "Pourquoi ma maman n'arrête pas de pleurer ?".

Au moins deux repreneurs identifiés

Les salariés "sont révoltés" mais "ils n'iront pas à la faute" pour préserver les espoirs de reprise du site, a pour sa part estimé sur BFMTV la ministre chargée de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher. "Notre objectif est de remettre de l'activité sur le site, nous avions proposé à Bridgestone de le faire avec eux, ils ont refusé, nous le ferons sans eux", a-t-elle assuré.

Une première réunion du comité de suivi réunissant Etat et collectivités sur les projets de reprise doit se tenir la semaine prochaine, a précisé Xavier Bertrand à l'AFP. "Il ne s'agit pas non plus de se jeter dans les bras du premier qui passe", a-t-il mis en garde, "le premier critère c'est la solidité du projet, sa viabilité, le nombre d'emplois et le statut des emplois". Parmi les projets sur la table, cinq émanent de producteurs de pneus étrangers, a-t-il ajouté, évoquant l'hypothèse d'"au moins deux repreneurs". (Avec AFP)

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A l'instar de Xavier Bertrand quelques jours plus tôt, la ministre de l'Industrie a jugé qu'il fallait être "exigeant" avec le manufacturier nippon qui souhaite fermer son usine nordiste.

 

Il parait illusoire de croire que ces prises de position feront infléchir le groupe japonais, toujours est-il que la pression de la classe politique sur Bridgestone demeure importante alors que la fermeture de l'usine de Béthune a été confirmée le 13 novembre dernier. La ministre de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, estime ainsi qu'il faut être "exigeant" avec le manufacturier nippon concernant l'avenir du site nordiste, jugeant qu'"aujourd'hui, le compte n'y est pas".

Bridgestone "accélérer la recherche de repreneurs", "améliorer le plan" de départ des 863 salariés, et "aider à la reprise quel que soit le repreneur", a détaillé la ministre devant les sénateurs lors d'une séance de questions au gouvernement. "Nous aurons un observateur dans les négociations à venir (...) Nous travaillons également avec Business France pour contacter nous-même des repreneurs potentiels", a poursuivi Agnès Pannier-Runacher.

"Des années de sous-investissement dans l'usine"

Deux sénatrices du Pas-de-Calais, Cathy Apourceau-Poly (PCF) et Sabine Van Heghe (socialiste), lui ont demandé si l'Etat allait forcer Bridgestone à rembourser les aides publiques touchées pour le site, ou à le céder pour un euro symbolique. Sans répondre directement à ces propositions, la ministre a confirmé que "des années de sous-investissement dans l'usine" expliquaient la situation du site de Béthune. "J'aurais préféré prendre la situation il y a 5 ans, là on aurait pu faire quelque chose comme ça a été le cas à Bari", une usine italienne où Bridgestone est resté et a investi.

Bridgestone avait brutalement annoncé mi-septembre la fermeture de son usine de Béthune. Il a depuis rejeté le scénario proposé par le gouvernement, visant à investir sur ce site pour le transformer en usine de production de pneus de qualité supérieure à ceux de petit calibre manufacturés jusqu'alors. Selon l'intersyndicale, le gouvernement a évoqué jeudi 12 novembre l'intérêt de quatre industriels du pneu (un chinois, un turc et deux indiens) pour une reprise partielle du site. (Avec AFP)

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mercredi, 18 novembre 2020 11:34

Xavier Bertrand met la pression sur Bridgestone

Toujours aussi remonté par la fermeture à venir de l'usine du manufacturier située à Béthune, le président de la région Hauts-de-France exhorte Bridgestone de revoir à la hausse son enveloppe allouée au financement du plan social.

 

Mobilisé sur ce dossier depuis deux mois et l'annonce par Bridgestone de la fermeture imminente du site de fabrication nordiste, Xavier Bertrand ne relâche pas l'étreinte sur le groupe nippon. Alors que celui-ci a réaffirmé vendredi 13 novembre 2020, ses intentions, le président de la région Hauts-de-France l'exhorte à financer au "maximum" le plan social lié à la fermeture de cette usine qui emploie 863 personnes, estimant qu'il n'est "jamais trop tard pour bien faire".

120 millions d'euros… une "plaisanterie" !

"Aujourd'hui, le problème est très simple, en juin prochain il est prévu zéro emploi sur le site. Il est prévu aujourd'hui 120 millions d'euros pour l'ensemble des salariés pour leur permettre de s'en sortir, de rebondir et pour aussi retrouver des emplois sur ce site. C'est un chiffre qui est dérisoire par rapport au préjudice et par rapport à ce que Bridgestone peut faire, a déclaré Xavier Bertrand sur l'antenne de France Bleu Nord. Quand on part, en France, on doit partir en respectant les salariés. On n'est pas aux Etats-Unis. On n'est pas avec des gens qui sont des Kleenex qu'on balance".

Qualifiant de "plaisanterie" ce montant de 120 millions d'euros, le président de l'exécutif régional réclame ainsi"le maximum" à Bridgestone. Car "je veux que Bridgestone paie une partie du salaire de départ et des charges de départ" lorsque"les ex-Bridgestone (...) seront recrutés par un nouvel employeur". Pour lui, dans ce contexte, Michelin est un "exemple" à "suivre". "Quand ils ont fermé des usines, eux, ils ne se sont pas contentés du minimum. Ils ont fait le maximum pour que les salariés puissent retrouver dignement un travail et qu'il puisse y avoir de nouvelles activités".

L'intersyndicale déplore un manque de transparence

Selon l'intersyndicale, le gouvernement, qui avait proposé un projet alternatif, a évoqué jeudi dernier l'intérêt de quatre industriels du pneu (un chinois, un turc et deux indiens) pour une reprise partielle du site. "La direction a une fois de plus fait preuve de mauvaise foi et de manque de transparence envers les élus qui ne cessent de réclamer des explications sur les différents scénarii envisagés concernant la fermeture du site", a affirmé mardi à l'issue d'un CSE l'intersyndicale, dans un tract.

Les représentants syndicaux déplorent que leurs experts ne soient "toujours pas en possession des informations leur permettant d'avancer dans leurs travaux", et se disent prêts à "saisir l'administration du travail pour demander une injonction visant à obtenir les documents réclamés". "Il est évident que la direction tente de gagner du temps pour éviter d'avoir à expliquer clairement l'inexplicable : il n'y a pas de motif à la fermeture du site de Béthune !", insistent-ils. (Avec AFP)

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En dépit d'un troisième trimestre plutôt dynamique pour le pneumatique mondial, le groupe nippon s'attend à enregistrer une fin d'année difficile avec la seconde vague épidémique. Il table ainsi sur un résultat annuel en baisse de 17,6 %.

 

"Le marché mondial du pneu (...) s'est redressé au troisième trimestre" dans le sillage d'une reprise économique mondiale progressive, a expliqué Bridgestone dans son communiqué. Le groupe s'attend à une baisse de la demande au quatrième trimestre en raison de la deuxième vague du Covid-19, mais cette baisse devrait être "d'une ampleur inférieure à celle enregistrée au deuxième trimestre".

Sur la base de ce scénario, il a relevé, jeudi 12 novembre, sa prévision de chiffre d'affaires 2020, passée de 2 700 à 2 890 milliards de yens (23,4 milliards d'euros), ce qui marquerait un repli de 17,6 % sur un an. Il a aussi rehaussé sa prévision de bénéfice opérationnel ajusté, à 150 milliards de yens contre 100 milliards de yens jusque-là. Cela signifierait une chute de 55,3 % comparé à 2019. Il prévoit malgré tout une perte nette annuelle de 60 milliards de yens (485 millions d'euros), contre un bénéfice de 240 milliards de yens en 2019.

Baisse des dividendes

Bridgestone n'avait jusqu'à présent pas livré un objectif de résultat net pour cette année. En dépit de cette perte nette attendue, le groupe a prévu de verser à ses actionnaires un dividende total de 105 yens par action sur l'ensemble de l'exercice, un montant certes abaissé sur un an (160 yens par action en 2019).

Au troisième trimestre 2020, Bridgestone a encore accusé une légère perte nette de 2,1 milliards de yens (16,9 millions d'euros), contre un bénéfice net de 90 milliards de yens un an plus tôt. Mais c'est une franche amélioration par rapport au deuxième trimestre, pendant

Béthune et Port Elizabeth, même combat

Il a aussi renoué avec un bénéfice opérationnel au troisième trimestre (70,2 milliards de yens, soit -33 % sur un an), à la faveur d'une nette reprise de ses ventes. Son chiffre d'affaires trimestriel s'est élevé à 793,5 milliards de yens (6,4 milliards d'euros), un recul de 10,2 % sur un an mais une amélioration de 31,5 % par rapport au deuxième trimestre.

Outre son projet de fermer, l'an prochain, son usine française de Béthune (863 salariés), Bridgestone a aussi décidé de se séparer d'une usine de Port Elizabeth, en Afrique du Sud, un projet confirmé ce mois-ci où 252 sont menacés. (avec AFP)


 

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vendredi, 13 novembre 2020 15:02

Bridgestone lâche définitivement Béthune

Le manufacturier a réaffirmé son intention de fermer son usine nordiste. Le projet alternatif, présenté par le ministère de l'Industrie, a été balayé par la direction nippone. Agnès Pannier-Runacher a promis de ne pas abandonner les salariés.

 

Depuis le 16 septembre 2020, date à laquelle Bridgestone a dévoilé son jeu, le sort réservé à l'usine de Béthune a suscité une réelle indignation mais aussi un vrai élan de solidarité. Des membres du gouvernement s'y sont rendus à plusieurs reprises pour comprendre la situation, échanger avec les 863 salariés menacés de perdre leur emploi et tenté de trouver des solutions. Cet engagement s'est traduit par la présentation d'un plan alternatif à la fermeture du site, dévoilé à la mi-octobre, visant à sauver entre 525 et 555 postes moyennant une redéfinition stratégique et un investissement compris entre 97 et 125 millions d'euros que les pouvoirs publics étaient prêts à soutenir.

"Nous allons nous battre pour que ce site reste industriel"

Quasiment deux mois jour pour jour après son annonce initiale, Bridgestone a réaffirmé son intention de fermer Béthune courant 2021. Le scénario de Bercy a été rejeté par la direction nippone au cours d'une réunion qui s'est tenue le jeudi 12 novembre 2020 au ministère de l'Industrie. "Bridgestone a fermé la porte, Bridgestone quitte le site de Béthune […] le scénario qui visait à maintenir une activité de production de pneus a été refermé", a déclaré Agnès Pannier-Runacher, ajoutant que "nous serons là au côté des salariés pour trouver les meilleures solutions, nous allons nous battre pour que ce site reste industriel".

"Bridgestone ne souhaite pas investir à Béthune parce qu'ils considèrent que le marché est en surcapacité, nous ne partageons pas totalement cette appréciation mais nous prenons acte, a concédé la ministre. Nous allons travailler sur des scénarios de reprise. Béthune a des talents, des savoir-faire". "L'espoir ce n'est pas que le drapeau de Bridgestone soit sur l'usine, c'est qu'à l'intérieur de l'usine, il y ait des gens qui continuent à travailler", a-t-elle relevé. Pour "implanter des activités d'avenir", elle a évoqué parmi les pistes un "écosystème en train de se mettre en place" dans la région avec un "site de batteries électriques qui va ouvrir et qui va recruter 2 400 personnes".

Bridgestone a identifié 4 projets de reprise

"Réduire la capacité de production de l’usine à une quantité de 3 millions de pneus ne constitue pas une solution pérenne pour Bridgestone, face à des concurrents dont la taille des usines s’accroît pour atteindre 10 à 20 millions de pneus", a développé le manufacturier dans un communiqué. Il a par ailleurs ajouté que "la recherche d'un repreneur au sein du secteur du pneu en partenariat avec Business France et la recherche d'activités hors pneus, ont permis l'identification de 10 opportunités dont 4 projets déjà bien définis."

Président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand a également refusé de s'avouer vaincu, en invoquant une possible reprise. "Il y a un projet sur des pneus. Bridgestone nous dit "on est même prêt à ce qu'un concurrent vienne s'installer à notre place". Dont acte", a-t-il affirmé. L'Etat et les collectivités restent prêts à mettre leur part "pour des projets de repreneurs sérieux qui ne soient pas Bridgestone", avec le même ratio d'un euro d'argent public pour un euro d'argent privé, a-t-il précisé. "Le bras-de-fer continue" par ailleurs avec Bridgestone, "pour qu'ils mettent le maximum sur le plan social", insiste l'élu.

Des reclassements possibles

"Il faut que Bridgestone arrête de jouer la montre, arrête de jouer avec les nerfs des salariés". "L'heure est pour nous au combat sur les mesures sociales, on va essayer d'aller chercher le maximum pour chacun des salariés", a de son côté réagi l'avocat de l'intersyndicale, Me Stéphane Ducrocq, s'affirmant "déçu et en colère" de l'attitude de la direction. Le projet "tenait la route, et aujourd'hui Bridgestone l'a en 5 minutes balayé", a-t-il déploré. "Dès le lendemain de l'annonce de la fermeture, Bridgestone s'est assis à la table des négociations, a signé un accord de méthode, et dans cet accord, il s'engageait à rechercher des solutions alternatives, et nous on y a cru, raison pour laquelle le site est resté admirablement calme pendant deux mois", a-t-il rappelé.

Pour adoucir la nouvelle, Bridgestone annonce avoir identifié des possibilités de reclassements au sein du groupe (First Stop, Côté Route, Speedy), avec une centaine d'offres déjà disponibles, mais aussi en dehors, faisant état de 400 opportunités sur le territoire local et 1300 autres en France, grâce au soutien du CNPA, du SNCP et du SPP. Conformément au plan initial, l'usine de Béthune, en l'état actuel des choses, devrait donc fermer ses portes en mai 2021. (Avec AFP)

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Pas vraiment rassurant et comportant trop de zones de flou, le projet alternatif dévoilé par le gouvernement à propos de l'usine Bridgestone de Béthune n'a pas rencontré l'adhésion des représentants syndicaux. Des précisions rapides sont attendues.

 

L'intersyndicale de Bridgestone s'inquiète du flou du scénario présenté lundi dernier par la ministre déléguée chargée de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, pour éviter la fermeture de l'usine Bridgestone de Béthune et demande des précisions rapides tant sur le contenu du projet que sur l'investissement de l'Etat, a indiqué jeudi son avocat à l'AFP.

Plus de la moitié des emplois sauvés

"Il faut nous dire rapidement ce qu'il en est et qu'ils ne fassent pas rêver les gens", a souligné Me Stéphane Ducrocq à l'issue de deux assemblées générales des salariés jeudi. Il a évoqué un "scénario au doigt mouillé pour lequel on ignore absolument si Bridgestone est d'accord ou pas". Lundi, le gouvernement a proposé à Bridgestone un "scénario" pour éviter la fermeture du site de Béthune, annoncée en septembre par le géant japonais du pneumatique et qui menace 863 emplois.

Fondé sur une expertise du cabinet Accenture, ce projet industriel prévoit une production sur place de 3 millions de pneus de qualité supérieure et maintiendrait plus de la moitié des emplois. Il suppose une restructuration, 100 millions d'euros d'investissement et de 25 à 40 % de gains de productivité. L'Etat dit qu'il est prêt à contribuer à l'investissement sur le site, "mais combien, comment ?" s'est interrogé Me Ducrocq.

Des experts vont se rendre sur place

Dans un communiqué de presse, l'intersyndicale s'est affirmée mercredi "inquiète", déplorant que le projet dévoilé à Bercy "reste muet sur les investissements massifs qui avaient été promis par l'État dans le cadre du plan de relance". Demandant à participer à une réunion avec le gouvernement et la direction de Bridgestone Europe, elle a assuré qu'elle n'accepterait "qu'un projet viable à long terme qui garantisse le maximum d'emplois sur site". Mardi, Agnès Pannier-Runacher avait indiqué que le gouvernement se donnait trois semaines pour valider ou non le scénario en question.

Des experts du cabinet Accenture doivent venir le 29 octobre à l'usine de Béthune, a indiqué Me Ducrocq, qui espère alors obtenir des précisions sur les contours du projet. "Le scénario d'une fermeture n'emporte pas les mêmes mesures que le scénario où on ne licencie pas tout le monde", a-t-il rappelé, alors que le top départ des cinq mois de négociations du plan de sauvegarde de l'emploi a été donné le 1er octobre. Mi-septembre, Bridgestone avait annoncé la "cessation définitive" à l'horizon 2021 de l'activité du site invoquant une surcapacité de production en Europe et la concurrence des marques asiatiques à bas coûts. (avec AFP)


 

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mercredi, 28 octobre 2020 09:51

Bridgestone équipe la nouvelle Maserati MC20

Le manufacturier nippon accompagne le retour du constructeur italien sur le segment des supercars. Une version spécifique de la gamme Potenza a été développée pour équiper la MC20.

 

Bridgestone a été choisi comme fournisseur exclusif des pneumatiques pour la nouvelle supercar MC20 de Maserati. Pendant la phase de développement de cette étonnante voiture, le constructeur italo-américain était en quête d’une enveloppe sport premium, capable de fournir des performances exceptionnelles, à la hauteur de celles de la nouvelle sportive. Partenaire de longue date de Maserati, Bridgestone a répondu à l’appel et a concrétisé le projet Maserati en lui proposant les pneus Potenza spécialement conçus pour la MC20.

Cette gamme spécifique présente une bande de roulement aux sculptures asymétriques pour une réponse optimale aux sollicitations du conducteur et une meilleure stabilité dans les virages. Le nouveau composé de la bande de roulement améliore l’adhérence, et la structure de la carcasse permet une répartition égale de la pression au sol dans les courbes. La combinaison de ces caractéristiques permet de disposer d’un pneu à haute performance qui offre un équilibre optimal entre contrôle, réactivité et stabilité.

Modélisation virtuelle

Bridgestone et Maserati ont fait appel à leurs propres centres de recherche et développement, et ont utilisé une technologie révolutionnaire de développement virtuel pour concevoir et tester la nouvelle MC20 et ses pneus. Grâce à sa technologie propriétaire de modélisation virtuelle des pneumatiques, Bridgestone a réduit le temps de développement, limitant l’impact environnemental en utilisant moins de ressources et en accélérant la mise sur le marché. Ce procédé innovant a permis de finaliser le projet en seulement 24 mois.

"Entièrement développés, testés et fabriqués en Europe, les pneus Potenza devaient répondre aux exigences très particulières de Maserati. En totale collaboration, nous avons donc développé un pneu spécifiquement adapté, qui permet à la MC20 de laisser libre cours à toute sa puissance et à ses exceptionnelles capacités sportives, notamment en termes de contrôle", étaye Steven De Bock, directeur de l’activité remplacement et première monte de Bridgestone EMIA.

Publié dans Auto, VUL et SUV

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