Pneumatique - Le site
vendredi, 13 novembre 2020 15:02

Bridgestone lâche définitivement Béthune

Le manufacturier a réaffirmé son intention de fermer son usine nordiste. Le projet alternatif, présenté par le ministère de l'Industrie, a été balayé par la direction nippone. Agnès Pannier-Runacher a promis de ne pas abandonner les salariés.

 

Depuis le 16 septembre 2020, date à laquelle Bridgestone a dévoilé son jeu, le sort réservé à l'usine de Béthune a suscité une réelle indignation mais aussi un vrai élan de solidarité. Des membres du gouvernement s'y sont rendus à plusieurs reprises pour comprendre la situation, échanger avec les 863 salariés menacés de perdre leur emploi et tenté de trouver des solutions. Cet engagement s'est traduit par la présentation d'un plan alternatif à la fermeture du site, dévoilé à la mi-octobre, visant à sauver entre 525 et 555 postes moyennant une redéfinition stratégique et un investissement compris entre 97 et 125 millions d'euros que les pouvoirs publics étaient prêts à soutenir.

"Nous allons nous battre pour que ce site reste industriel"

Quasiment deux mois jour pour jour après son annonce initiale, Bridgestone a réaffirmé son intention de fermer Béthune courant 2021. Le scénario de Bercy a été rejeté par la direction nippone au cours d'une réunion qui s'est tenue le jeudi 12 novembre 2020 au ministère de l'Industrie. "Bridgestone a fermé la porte, Bridgestone quitte le site de Béthune […] le scénario qui visait à maintenir une activité de production de pneus a été refermé", a déclaré Agnès Pannier-Runacher, ajoutant que "nous serons là au côté des salariés pour trouver les meilleures solutions, nous allons nous battre pour que ce site reste industriel".

"Bridgestone ne souhaite pas investir à Béthune parce qu'ils considèrent que le marché est en surcapacité, nous ne partageons pas totalement cette appréciation mais nous prenons acte, a concédé la ministre. Nous allons travailler sur des scénarios de reprise. Béthune a des talents, des savoir-faire". "L'espoir ce n'est pas que le drapeau de Bridgestone soit sur l'usine, c'est qu'à l'intérieur de l'usine, il y ait des gens qui continuent à travailler", a-t-elle relevé. Pour "implanter des activités d'avenir", elle a évoqué parmi les pistes un "écosystème en train de se mettre en place" dans la région avec un "site de batteries électriques qui va ouvrir et qui va recruter 2 400 personnes".

Bridgestone a identifié 4 projets de reprise

"Réduire la capacité de production de l’usine à une quantité de 3 millions de pneus ne constitue pas une solution pérenne pour Bridgestone, face à des concurrents dont la taille des usines s’accroît pour atteindre 10 à 20 millions de pneus", a développé le manufacturier dans un communiqué. Il a par ailleurs ajouté que "la recherche d'un repreneur au sein du secteur du pneu en partenariat avec Business France et la recherche d'activités hors pneus, ont permis l'identification de 10 opportunités dont 4 projets déjà bien définis."

Président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand a également refusé de s'avouer vaincu, en invoquant une possible reprise. "Il y a un projet sur des pneus. Bridgestone nous dit "on est même prêt à ce qu'un concurrent vienne s'installer à notre place". Dont acte", a-t-il affirmé. L'Etat et les collectivités restent prêts à mettre leur part "pour des projets de repreneurs sérieux qui ne soient pas Bridgestone", avec le même ratio d'un euro d'argent public pour un euro d'argent privé, a-t-il précisé. "Le bras-de-fer continue" par ailleurs avec Bridgestone, "pour qu'ils mettent le maximum sur le plan social", insiste l'élu.

Des reclassements possibles

"Il faut que Bridgestone arrête de jouer la montre, arrête de jouer avec les nerfs des salariés". "L'heure est pour nous au combat sur les mesures sociales, on va essayer d'aller chercher le maximum pour chacun des salariés", a de son côté réagi l'avocat de l'intersyndicale, Me Stéphane Ducrocq, s'affirmant "déçu et en colère" de l'attitude de la direction. Le projet "tenait la route, et aujourd'hui Bridgestone l'a en 5 minutes balayé", a-t-il déploré. "Dès le lendemain de l'annonce de la fermeture, Bridgestone s'est assis à la table des négociations, a signé un accord de méthode, et dans cet accord, il s'engageait à rechercher des solutions alternatives, et nous on y a cru, raison pour laquelle le site est resté admirablement calme pendant deux mois", a-t-il rappelé.

Pour adoucir la nouvelle, Bridgestone annonce avoir identifié des possibilités de reclassements au sein du groupe (First Stop, Côté Route, Speedy), avec une centaine d'offres déjà disponibles, mais aussi en dehors, faisant état de 400 opportunités sur le territoire local et 1300 autres en France, grâce au soutien du CNPA, du SNCP et du SPP. Conformément au plan initial, l'usine de Béthune, en l'état actuel des choses, devrait donc fermer ses portes en mai 2021. (Avec AFP)

Publié dans Industrie

Pas vraiment rassurant et comportant trop de zones de flou, le projet alternatif dévoilé par le gouvernement à propos de l'usine Bridgestone de Béthune n'a pas rencontré l'adhésion des représentants syndicaux. Des précisions rapides sont attendues.

 

L'intersyndicale de Bridgestone s'inquiète du flou du scénario présenté lundi dernier par la ministre déléguée chargée de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, pour éviter la fermeture de l'usine Bridgestone de Béthune et demande des précisions rapides tant sur le contenu du projet que sur l'investissement de l'Etat, a indiqué jeudi son avocat à l'AFP.

Plus de la moitié des emplois sauvés

"Il faut nous dire rapidement ce qu'il en est et qu'ils ne fassent pas rêver les gens", a souligné Me Stéphane Ducrocq à l'issue de deux assemblées générales des salariés jeudi. Il a évoqué un "scénario au doigt mouillé pour lequel on ignore absolument si Bridgestone est d'accord ou pas". Lundi, le gouvernement a proposé à Bridgestone un "scénario" pour éviter la fermeture du site de Béthune, annoncée en septembre par le géant japonais du pneumatique et qui menace 863 emplois.

Fondé sur une expertise du cabinet Accenture, ce projet industriel prévoit une production sur place de 3 millions de pneus de qualité supérieure et maintiendrait plus de la moitié des emplois. Il suppose une restructuration, 100 millions d'euros d'investissement et de 25 à 40 % de gains de productivité. L'Etat dit qu'il est prêt à contribuer à l'investissement sur le site, "mais combien, comment ?" s'est interrogé Me Ducrocq.

Des experts vont se rendre sur place

Dans un communiqué de presse, l'intersyndicale s'est affirmée mercredi "inquiète", déplorant que le projet dévoilé à Bercy "reste muet sur les investissements massifs qui avaient été promis par l'État dans le cadre du plan de relance". Demandant à participer à une réunion avec le gouvernement et la direction de Bridgestone Europe, elle a assuré qu'elle n'accepterait "qu'un projet viable à long terme qui garantisse le maximum d'emplois sur site". Mardi, Agnès Pannier-Runacher avait indiqué que le gouvernement se donnait trois semaines pour valider ou non le scénario en question.

Des experts du cabinet Accenture doivent venir le 29 octobre à l'usine de Béthune, a indiqué Me Ducrocq, qui espère alors obtenir des précisions sur les contours du projet. "Le scénario d'une fermeture n'emporte pas les mêmes mesures que le scénario où on ne licencie pas tout le monde", a-t-il rappelé, alors que le top départ des cinq mois de négociations du plan de sauvegarde de l'emploi a été donné le 1er octobre. Mi-septembre, Bridgestone avait annoncé la "cessation définitive" à l'horizon 2021 de l'activité du site invoquant une surcapacité de production en Europe et la concurrence des marques asiatiques à bas coûts. (avec AFP)


 

Publié dans Industrie
mercredi, 28 octobre 2020 09:51

Bridgestone équipe la nouvelle Maserati MC20

Le manufacturier nippon accompagne le retour du constructeur italien sur le segment des supercars. Une version spécifique de la gamme Potenza a été développée pour équiper la MC20.

 

Bridgestone a été choisi comme fournisseur exclusif des pneumatiques pour la nouvelle supercar MC20 de Maserati. Pendant la phase de développement de cette étonnante voiture, le constructeur italo-américain était en quête d’une enveloppe sport premium, capable de fournir des performances exceptionnelles, à la hauteur de celles de la nouvelle sportive. Partenaire de longue date de Maserati, Bridgestone a répondu à l’appel et a concrétisé le projet Maserati en lui proposant les pneus Potenza spécialement conçus pour la MC20.

Cette gamme spécifique présente une bande de roulement aux sculptures asymétriques pour une réponse optimale aux sollicitations du conducteur et une meilleure stabilité dans les virages. Le nouveau composé de la bande de roulement améliore l’adhérence, et la structure de la carcasse permet une répartition égale de la pression au sol dans les courbes. La combinaison de ces caractéristiques permet de disposer d’un pneu à haute performance qui offre un équilibre optimal entre contrôle, réactivité et stabilité.

Modélisation virtuelle

Bridgestone et Maserati ont fait appel à leurs propres centres de recherche et développement, et ont utilisé une technologie révolutionnaire de développement virtuel pour concevoir et tester la nouvelle MC20 et ses pneus. Grâce à sa technologie propriétaire de modélisation virtuelle des pneumatiques, Bridgestone a réduit le temps de développement, limitant l’impact environnemental en utilisant moins de ressources et en accélérant la mise sur le marché. Ce procédé innovant a permis de finaliser le projet en seulement 24 mois.

"Entièrement développés, testés et fabriqués en Europe, les pneus Potenza devaient répondre aux exigences très particulières de Maserati. En totale collaboration, nous avons donc développé un pneu spécifiquement adapté, qui permet à la MC20 de laisser libre cours à toute sa puissance et à ses exceptionnelles capacités sportives, notamment en termes de contrôle", étaye Steven De Bock, directeur de l’activité remplacement et première monte de Bridgestone EMIA.

Publié dans Auto, VUL et SUV

Pour éviter la fermeture pure et simple de l'usine nordiste du groupe Bridgestone, Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'Industrie, a dévoilé un plan alternatif. Le manufacturier nippon semble ouvert à la discussion.

 

Quelques jours après leur avoir rendu visite, la ministre déléguée chargée de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, a réuni une quarantaine de représentants des salariés de l'usine Bridgestone de Béthune et d'élus locaux à Bercy. L'objet de cette réunion portait sur la présentation d'un scénario alternatif à la fermeture du site nordiste. Ce projet industriel basé sur une expertise du cabinet Accenture prévoit une production sur place de 3 millions de pneus de qualité supérieure ce qui permettrait de sauvergarder entre 460 à 560 emplois sur les 860. Il suppose une restructuration, 100 millions d'euros d'investissement et de 25 à 40 % de gains de productivité.

"Nous avons demandé à Bridgestone de prendre le temps de creuser ce scénario complémentaire", a expliqué Agnès Pannier-Runacher. Nous ne nous laisserons pas faire, nous allons nous battre pour donner un avenir industriel à ce site. (...) J'espère que nos amis japonais mesurent ce qui est en jeu au niveau humain à Béthune".

Un calendrier serré

Mi-septembre, Bridgestone avait brutalement annoncé la "cessation définitive" de l'activité du site, qui emploie plus de 860 personnes, à l'horizon 2021, invoquant une surcapacité de production en Europe et la concurrence des marques asiatiques à bas coûts. Selon la contre-expertise d'Accenture, "le marché du pneu en Europe est difficile, les chiffres communiqués par Bridgestone sont fondés et les scénarios qu'ils avaient regardés n'étaient pas viables économiquement. Mais il y a un scénario qu'il est intéressant de creuser", a poursuivi Agnès Pannier-Runacher. "Bridgestone est prêt à le regarder. Nous sommes également attentifs à toute proposition de leur part pour mettre de la charge industrielle sur le site", a-t-elle dit.

"C'était une réunion constructive, ça fait du bien de se sentir soutenus", a dit Stéphane Ducrocq, l'avocat représentant les salariés de Bridgestone. "On espère aller vers autre chose que cette fermeture". "Notre grosse crainte aujourd'hui, c'est le temps qui passe", a-t-il poursuivi. "La fermeture, si elle a lieu, est prévue pour le 2 mai. Ils pourraient nous balader pendant trois ou quatre mois et finalement fermer".

L'Etat et les collectivités locales au soutien

"Il faut que Bridgestone au Japon nous dise comment ils répondent. Les Japonais sont toujours très attachés à leur réputation, il faut qu'ils fassent bien attention [à la façon dont] ça se passe", a souligné le président (ex-LR) des Hauts-de-France, Xavier Bertrand. "Si c'est non, on va rentrer dans un bras de fer pour obtenir le maximum pour le site et les salariés. On ne part pas comme ça, en France". L'État et les collectivités locales pourraient soutenir un nouveau projet industriel, a souligné Xavier Bertrand, à une hauteur qui, "si on a un projet qui tient la route, ne sera pas 10, 20 ou 30 % : ce sera plus", a-t-il souligné.

"Le directeur local est complètement disqualifié, il ne joue que la fermeture de l'usine", a déclaré le maire (UDI) de Béthune Olivier Gacquerre. "Il faut qu'on arrive à convaincre la direction européenne de retravailler ce scénario avec nous. Il faudra compacter, travailler sur le reclassement d'une partie des salariés. Il faut aussi mettre la pression sur la direction japonaise", a poursuivi le maire, évoquant un possible "boycott" des produits Bridgestone. "Les organisations syndicales et les salariés ont eu un comportement absolument exemplaire", a salué de son côté la ministre chargée de l'Industrie. "Tout le travail a continué à être fait en temps et en heure. Cette image de professionnalisme, d'attachement au site, et d'exigence vis-à-vis de Bridgestone (...) nous permettent d'avancer". (avec AFP)

Publié dans Industrie

Un an après son lancement, la gamme nippone destinée au transport régional s'enrichit. Grâce à leurs multiples atouts, les références rechapées Bandag R-Drive 002 et R-Trailer 002 offrent de nouvelles solutions notamment aux gestionnaires de flottes.

 

Bridgestone annonce le lancement des pneus rechapés Bandag RD002 et RT002, venant compléter la gamme Duravis destinée aux flottes de véhicules poids lourds. Lancée l’année dernière et déjà complétée sur le premier semestre 2020 avec de nombreuses dimensions, cette dernière est l’un des fers de lance de l’offre PL du manufacturier nippon couvrant le segment du transport régional, qui représente plus de 50 % du marché tricolore.

Un coût kilométrique en baisse de 10 %

A l'heure de proposer encore plus de solutions aux clients, Bridgestone a fait le choix de miser sur le rechapage, une technologie qui s’impose de plus en plus comme une évidence au sein des flottes de par les réductions de matériaux considérables qu’il permet : 14kg d’acier et 32 kg de gommes économisés, 70 % de pétrole en moins et des émissions de CO2 en baisse de 80 %.

Parfaitement fiables, économiques et écologiques, sans aucun compromis sur les promesses d’origine de la gamme Duravis, ces versions rechapées RD002 et RT002 garantissent des performances d’usure améliorées, un coût réduit au kilomètre (-10 % par rapport à ses prédécesseurs), une efficacité en carburant optimisée (-4 % de résistance au roulement pour le RD002 et -16 % pour le RT002 par rapport à ses prédécesseurs) et une conduite en toute sécurité tout au long de l’année.

Deux engagements

En marge de ce lancement, Bridgestone lance également le programme "Testez l'Excellence". Destiné aux nouveaux clients possédant dans leur flotte moins de 20 % de produits du groupe, celui-ci est basé sur une promesse kilométrique puisque le manufacturier s'engage à ce que le Duravis puisse permettre de rouler au moins 10 % de plus que la précédente monte. Une offre valable jusqu'au 31 décembre 2020 et qui s'applique à toute la gamme.

Ce programme est complété par un second volet, "Engagement Sérénité", qui promet de rouler en toute sérénité avec des pneus Bandag, grâce à la couverture de tout dommage accidentel sur le pneumatique.

Publié dans Poids lourd

Alors qu'un millier de postes sont à pourvoir dans le secteur du pneu, l'organisation professionnelle s'est rapprochée du service des ressources humaines du site nordiste de Bridgestone. L'objectif : assurer l'avenir des 863 salariés.

 

Le compte à rebours est lancé pour sauver l'usine Bridgestone de Béthune. Prévue pour le deuxième trimestre 2021, la fermeture du site nordiste du manufacturier ne cesse de susciter réactions et indignations. Alors que les pouvoirs publics maintiennent le lien avec le groupe nippon pour tenter de faire infléchir sa décision, les salariés ont reçu le soutien de leur organisation professionnelle, le SPP, dans ce moment très incertain.

Sitôt l'annonce officialisée, le Syndicat des professionnels du pneu s'est rapproché du service des ressources humaines de Béthune pour mettre en place un lien. Celui-ci note que "la direction générale de Bridgestone a immédiatement accepté et établi une passerelle avec le SPP afin d’examiner toutes les pistes possibles et mettre en œuvre des solutions adaptées pour le recrutement et la formation des candidats".

Des spécialités qui recrutent

Dans la mesure où un millier de postes sont à pourvoir actuellement dans ce secteur d'activité, cette initiative doit permettre d'assurer l'avenir d'une partie des 863 salariés nordistes et en les aidant à se réorienter vers d'autres métiers (monteurs et dépanneurs en industriel, poids lourd, agraire…) où de réelles opportunités existent.

Le SPP œuvre continuellement pour résoudre cette problématique du manque de main d'œuvre. Outre une plateforme digitale dédiée à ce sujet (jobs-pneu.com), un réseau de trois établissements de type CFA (La Motte-Servolex, Thionville et St Jean de la Ruelle) a vu le jour pour dispenser des formations qualifiantes. Des sessions de trois mois accueillent ainsi tout au long de l'année de nouveaux embauchés non issus de l'univers du commerce et du service du pneumatique.

Publié dans Marché

Tandis que le manufacturier a réaffirmé sa volonté d'aller au bout du projet de fermeture de son usine nordiste, les ministres de l'Industrie et du Travail, Agnès Pannier-Runacher et Elisabeth Borne, se sont rendues sur place pour étudier plusieurs scénarios alternatifs.  

 

Le combat autour de l'avenir du site de production Bridgestone de Béthune (Nord) est bel et bien engagé. Ce lundi 21 septembre 2020, à l'issue d'une réunion de crise avec les syndicats, les élus locaux, et deux membres du gouvernement, le fabricant japonais de pneumatiques a affirmé dans un communiqué que "le projet de cessation totale d'activité" était "la seule option qui permettrait de répondre à la surcapacité de production structurelle de Bridgestone et donc de sauvegarder la compétitivité de ses opérations en Europe".

Le manufacturier a toutefois annoncé qu'il entendait "participer activement à la recherche de solutions pour le site et le territoire". Bridgestone a assuré "rechercher des entreprises susceptibles d'être intéressées par une reprise totale ou partielle du site et des employés ou pour développer des projets permettant de créer de nouvelles activités dans la région". Le groupe s'engage également à soutenir la mise en œuvre des solutions qui pourraient être suscitées par cette démarche, y compris la reprise du site par des concurrents.

Un cabinet pour mener une contre-expertise

Parallèlement, Bridgestone entend proposer "un plan d'accompagnement adapté à chaque salarié, incluant des mesures de pré-retraite sans coût pour la collectivité, mais aussi des mesures encourageant les reclassements au sein des autres activités de Bridgestone en France et favorisant les reclassements externes". "Nous ne laisserons aucun salarié sans emploi ou sans accompagnement adapté et personnalisé", a déclaré Laurent Dartoux, président de Bridgestone pour la zone Europe, Russie, Moyen-Orient, Inde et Afrique.

Présentes autour de la table, Agnès Pannier-Runacher et Elisabeth Borne, respectivement ministres de l'Industrie et du Travail, se sont quant à elles engagées à trouver des solutions. "Des scénarios alternatifs à une fermeture de site" seront étudiés lors d'une nouvelle réunion d'ici "deux à trois semaines", a affirmé Agnès Pannier-Runacher. La ministre a également précisé que le gouvernement allait charger un cabinet de conseil de mener une contre-expertise. (avec AFP)

Publié dans Industrie

La décision du manufacturier nippon de fermer son site de production du nord de la France a provoqué de nombreuses réactions. Si la classe politique dénonce les choix de Bridgestone, les représentants syndicaux pointent du doigt le rôle de l'Etat.

 

L'annonce de la fermeture de l'usine Bridgestone de Béthune (62) a provoqué une onde de choc. Intérrogé par nos confères de CNews, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, juge qu'il s'agit là d'une "décision révoltante, avec une méthode révoltante et des conséquences révoltantes." "Nous allons nous battre" a assuré le ministre, dans un premier temps pour tenter de "développer une autre activité avec des pneus plus larges que ceux qui sont produits actuellement sur le site de Béthune". "Et si jamais nous n'arrivons pas à cette solution-là, (pour) trouver des solutions de réindustrialisation du site pour qu'il y ait, pour chaque ouvrier de Bridgestone, une solution qui soit une solution cohérente et acceptable pour eux", a-t-il ajouté.

Le gouvernement et Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, ont dénoncé de concert "la brutalité "de l'annonce. Dans un communiqué commun, fait rare, "ils en contestent" aussi "la pertinence et les fondements" et "demandent à l'entreprise que soient ouverts et analysés en détail l'ensemble des scénarios alternatifs" à cette fermeture. A l'issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a dénoncé "une trahison de la confiance" placée dans Bridgestone, qui doit "assumer ses responsabilités plutôt que de chercher des prétextes. C'est l'entreprise qui a sous-investi dans le site de Béthune au profit d'autres sites", et qui "a été incapable d'instaurer les conditions d'un dialogue social sain".

"On a affaire à des menteurs, des cyniques"

Xavier Bertrand a laissé éclater sa colère alors qu'il était sur le site : "on a affaire à des menteurs, des cyniques. Ce plan est inacceptable". Bridgestone a "dit non à toutes les propositions qu'on lui a faites, c'est quelque chose qu'ils avaient en tête depuis longtemps", a-t-il accusé avant d'ajouter : "notre rôle n'est pas seulement d'être en colère" mais "de trouver des solutions".

"C'est bien que les politiques s'indignent aujourd'hui" de la décision de Bridgestone "mais il faut être plus vigilant quand on nous promet des choses et il faut vérifier qu'elles sont bien tenues", a insisté le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. "L'argent qu'on a donné avec le CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, ndlr), à quoi il a servi, est-ce qu'on a investi, modernisé ?"

Des aides publiques mal maitrisées

La question des contreparties aux aides publiques "s'est posée encore dans le plan de relance" et "c'est pour ça qu'on parle de conditionnalité des aides", a-t-il souligné. "Des aides publiques, il y en a beaucoup aux entreprises et, du jour au lendemain, elles font ce qu'elles veulent", a déploré Philippe Martinez.

"Il faut être plus ferme. Il faut que ce soit notifié", il faut préciser "combien d'emplois, quels investissements, comment vous aidez à la préservation de la planète, un genre d'accord, conclu, écrit noir sur blanc, avec des sanctions, des amendes pour les entreprises qui ne respectent pas, non seulement rendre l'argent mais avoir des amendes", a-t-il détaillé. Depuis la crise sanitaire, "le moins qu'on puisse dire, et l'exemple de Bridgestone en est un admirable, c'est que du point de vue du patronat, rien n'a changé", a-t-il regretté. "Voyez les premiers de corvée comment ils sont remerciés !"

Trop peu d'investissements sur le site, selon FO

Un avis sur les aides publiques partagé par Yves Veyrier, secrétaire général de Force Ouvrière : "On a beaucoup débattu de la question des contreparties aux aides publiques" et Bridgestone "fait partie des entreprises qui savent faire la recherche aux aides publiques et une fois qu'elles ont été absorbées, on va voir ailleurs", a-t-il lancé au micro d'Europe 1.

"Il faut absolument mettre une pression, les moyens, pour maintenir l'activité parce qu'on a vu venir les choses", même si "l'annonce est soudaine", car "depuis longtemps, il y avait insuffisamment d'investissements" sur le site, a continué Yves Veyrier. "Dans l'immédiat", le responsable de FO "pense qu'il faut mettre la direction de l'entreprise autour de la table avec les pouvoirs publics, il faut un discours ferme, mais aussi regarder comment on peut appuyer et les pouvoirs publics doivent y mettre aussi les moyens peut-être nécessaires pour qu'on maintienne l'activité". (avec AFP)

Publié dans Industrie

863 emplois français seraient menacés à la suite de l’annonce, le 16 septembre 2020, par le manufacturier japonais d'un projet de cessation totale et définitive de l’activité de Béthune.

 

Depuis plusieurs mois, les annonces se succèdent et se ressemblent sur le marché européen du pneumatique. Alors qu’il y a près d’un an, Michelin annonçait la fermeture de son usine vendéenne de La Roche-sur-Yon, il y a quelques jours Continental montrait sa volonté de faire de même avec son site allemand d’Aix-la-Chapelle. Et ce 16 septembre 2020, c’est Bridgestone qui déclare, lors d'un comité social et économique extraordinaire, projeter de cesser son activité de Béthune (62).

Pour justifier ce projet, le manufacturier nippon invoque un marché du pneumatique confronté à de nombreuses difficultés depuis plusieurs années, sans même tenir compte des conséquences à venir de la pandémie de Covid-19. Mais aussi une concurrence asiatique, dont il estime que les parts de marché ont crû de 6 % à 25 % entre 2000 et 2018. Des tendances qui entraînent une surcapacité de production en Europe ainsi qu’une une pression sur les prix, "en particulier sur le segment LRD (jantes à dimensions inférieures à 18 pouces de diamètre)".

L’usine la moins performante

Il indique également que son usine de Béthune est la moins performante de sa dizaine d’usines européennes. "En une décennie, ses effectifs ont chuté de 40 %, au même rythme que ses volumes de production (passés de 8,5 millions d'unités à 5,1 millions) dans un marché stable", a-t-il confié à l’AFP.

Le manufacturier déclare "envisager la cessation totale et définitive de l’activité de l’usine de Béthune comme étant la seule option qui permettrait de sauvegarder la compétitivité des opérations de Bridgestone en Europe". Au total, 863 employés seraient concernés par cette mesure qui ne devrait pas être effective avant le deuxième trimestre 2021.

Limiter l'impact sur l'emploi

Laurent Dartoux, CEO et Président de Bridgestone EMIA, a assuré avoir pleinement conscience des conséquences de cette décision : "La cessation d’activité de l’usine de Béthune est un projet que nous ne prenons pas à la légère. Malheureusement, il n’existe pas d’alternative qui nous permettrait de surmonter les difficultés auxquelles nous sommes confrontés en Europe. Cette étape est nécessaire pour pérenniser les activités de Bridgestone à long-terme", a-t-il indiqué.

Ainsi, ce plan devrait être mis en place en collaboration avec syndicats du personnel et le groupe assure vouloir limiter le nombre de licenciements en privilégiant des mesures de pré-retraite, le reclassement interne des salariés au sein des autres activités de Bridgestone en France, et en favorisant le reclassement externe. Le manufacturier a également annoncé vouloir limiter l’impact de cette fermeture sur la région, et s’est notamment engagé à trouver un repreneur pour son site.

"L'effet d'une bombe"

Cette annonce a provoqué l'effet d'une bombe pour les salariés et les syndicats qui ont appris la nouvelle ce matin. Elle a également suscité de vives et nombreuses réactions de nombreuses personnalités politiques. 

Le gouvernement et le président de la région, Xavier Bertrand, ont contesté immédiatement "la brutalité, la pertinence et les fondements" de cette annonce auprès de l’AFP, demandant à l’entreprise d’ouvrir et d’analyser "en détail l’ensemble des scénarios alternatifs à la fermeture du site". De son côté, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, juge cette décision comme "une trahison de la confiance que l'Etat et la région Hauts-de-France ont placée dans le groupe japonais", ajoutant que "Bridgestone doit aujourd'hui assumer ses responsabilités plutôt que de chercher des prétextes". A suivre... 

 

.

Publié dans Industrie

D'une courte tête, le groupe clermontois a ravi la première place du classement mondial des fabricants de pneumatiques à son homologue nippon qui occupait la tête depuis plusieurs années. Goodyear complète le podium.

 

Sorti avec quelques semaines de retard en raison de la crise sanitaire, la dernière étude annuelle de Tire Business sur les plus importants fabricants de pneus dans le monde fait état d'un changement de leader. Dominé depuis plusieurs exercices par Bridgestone, ce classement voit Michelin prendre la tête.

Durant l'année 2019, le groupe tricolore a généré un chiffre d'affaires de 25 milliards de dollars (+5,8 %) quand son homologue nippon enregistrait de son côté un résultat en recul de 2,7 % (24,325 milliards). Il est par ailleurs intéressant de souligner que, si le CA de Bridgestone est resté globalement stable lors des trois derniers exercices, celui de Michelin a augmenté de près de 1,5 milliard de dollars sur la même période.

Un top 5 stable

Sur la troisième marche du podium, on retrouve une nouvelle fois Goodyear mais avec un résultat en forte baisse (13,680 milliards, -4,9 %) tandis que Continental pointe toujours au quatrième rang avec un bilan stable sur un an (11,275 milliards). Enfin, la tendance entrevue depuis 2017, avec Pirelli hors du top 5, s'est confirmée en 2019.

Sumitomo Rubber Industries demeure à la cinquième place avec un chiffre d'affaires évalué à 7 milliards de dollars tandis que le manufacturier transalpin a généré un résultat de 5,935 milliards. Petite consolation pour ce dernier qui gagne une place comparé au classement 2018 et repasse devant Hankook. A noter enfin, parmi les 40 groupes recensés, que la plus grande chute revient à Trelleborg qui passe de la 28e à la 35e place.

Publié dans Industrie

Découvrir

S'abonner


Pour toute question, merci de nous contacter